Accidcutti mentaux des hystérif/iws, p
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mettiM' ilans iiiir broiicltc et les transporter dans nn autre cimetière. Le jour, elle ne peut voir un corbillard sans « percer les planches », c'est-à-dire voir au travers les corps en putréfiietion. (Certains auteurs ont déclaré que les malades obsédés par des idées fixes n'avaient pas dballuei nations ; nous ne pouvcms nous expli- (luer cette allirmation. Ces malades ont d'abord |)r('S(|ue toujours des hallucinations verbales kinesthési([U('s (|ui (oi-nicnt la partie principale de leur maladie et ils ont très souvent, à notre avis, des hallucinations des autres sens, quand la désagrégation de l'esprit est assez complète, ou quand leur idée fixe prend la forme que nous avons appelée hystéri([ue. Pour revenir à notre malade, elle a une peur épouvantable des hôpitaux et fait de grands détours pour éviter de passer devant la porte de l'hôpital Saint-Antoine. Knfin, quand elle a perdu l'idée du choléra, elle la remplace par l'idée fixe d'une autre maladie et a passé ainsi en revue toute la pathologie. Elle prétend avoir des congestions cérébrales et, suivant son habitude, elle joue la scène dans une attaque. Quand on la trouve par terre, les membres flasques, la respiration stertoreuse, cela ne laisse pas d'être inquiétant, au moins la première fois. Puis, ce sera une maladie de cœur, une pleurésie, une variole, un cancer du sein qu'elle veut absolument faire opérer, etc. Nous pouvons considérer ces idées comme formant un premier groupe, les idées secondaires qui dépendent encore de la première idée fixe, celle du choléra.
Nous constatons, chez ces malades, un second groupe d'idées fixes secondaires que nous avons déjà désignées sous le nom d'idées fixes stratifiées, à cause de la façon singulière dont elles se présentent ii l'observateur. Qiumd on a enlevé une idée fixe, on est tout étonné d'en voir surgir une autre qui n'a aucun rapport ni avec la première idée, ni avec les circonstances environnantes. C'est une idée ancienne, antérieure à celle que l'on vient de traiter et qui réappai'ait. Celle-ci enlevée à son tour, on se trouve en présence d'une troisième obsession qui avait existé antérieurement et on est obligé de repasser en ordre inverse, les principales idées fixes qui ont tourmenté la vie du n'ialade. Cette réapparition des idées anciennes était très caractéristic[ue et très grave chez la malade qui a lait l'objet de notre première étude, Marcelle, elle m'a paru fort nette aussi chez d'autres malades. Mais chez .lustinc, les idées secondaires de cette catégorie n'ont pas eu une grande
importance. C'est que, en effet, chez elle, une seule idée, celle du choléra, avait presque toujours dominé sans laisser place à d'autres obsessions.
Un moment seulement elle a recommencé h se croire enceinte, mais cette pensée n'a pas duré ; les colères anciennes contre le mari ont réapparu d'une façon plus curieuse. Justine est d'ordinaire très dévouée, et très affectueuse pour son mari, elle se rend compte qu'elle est une épouse insupportable et cherche à se faire pardonner. Tout d'un coup elle change d'attitude et de visage, elle est sombre et refuse de lui parler, elle pâlit, et d'un ton dur commence à lui faire des reproches. En peu d'instants elle s'excite et agonise son mari de toutes les injures possibles ; elle crie autant que dans les attaques causées par la peur du choléra ; elle veut se sauver dans les rues pour chercher un avoué, etc. L'attaque se calme peu à peu et Justine ne conserve qu'un souvenir très vague de ce qui vient de se passer. Il faut la mettre en somnambulisme, pour apprendre que l'idée a surgi au moment où Justine embrassait son mari : elle a pensé qu'elle pourrait bien le mordre, et cette pensée a réveillé l'ancienne idée de haine et de divorce. Le mari de cette femme m'affirmait que depuis la disparition de l'idée du choléra, Justine reprend par moments exactement le caractère, les colères, les paroles qu'elle avait au début de son mariage. C'est bien ici une idée fixe ancienne qui réapparaît.
Il faut, il notre avis, établir une troisième catégorie d'idées fixes secondaires, plus importante chez notre malade et bien plus intéressante pour la psychologie pathologique, ce sont les idées fixes accidentelles, par suggestibilité. Justine, débarrassée de ses idées fixes anciennes par les procédés précédemment décrits, ne retrouvait le calme que pendant très peu de temps. Bientôt elle était la proie d'une nouvelle obsession. Ce n'était pas une idée ancienne, ce n'était pas une conséquence éloignée de l'idée primitive du choléra. Non, c'était une idée nouvelle et absolument quelconque, provoquée par n'importe quel petit événement de la vie. Une inquiétude, une émotion, un rêve, une parole entendue par hasard provoquait une pensée qui, après quelques jours d'incubation, grandissait et envahissait de nouveau tout l'esprit.
Il est impossible d'énumérer toutes ces idées accidentelles qui pendant un an ont exercé notre patience ; en voici quelques-unes prises au hasard. Justine eut l'idée de se jeter à l'eau, parce que
17', uiSToini; ivi NE ini'R fixe
l'eau ratlirait, do se précipiter par la fenêtre, parce que la maison ponchnit d'un eôlé, ridée d'étrangler son chien et de pendre ses oiseaux, lidéi' de jeter sa nourriture })ar terre ou à la tète des gens (jiii eiilraienl. l'dle refuse obstinément de mettre un chapeau pour sortir, refuse de changer de chemise (elle met du linge propre devant son mari (jui l'y contraint et, dès ([u'il a le dos tourné, se déshabille et remet le linge sale), elle ne veut allumer aucune lumière de peur de mettre le feu à sa robe et à sa maison, refuse de rien acheter au marché de peur de voler, refuse de faire le ménage et de tonchei- à rien dans sa chambre. Elle est obsédée par l'idi'e ([uc son piano est mauvais et ne vaut pas le prix minime dont il a été payé (scènes effroyables pendant plusieurs semaines); elle est tourmentée par le souvenir d'avoir rehisé, 11 y a dix ans, une tasse de tisane à son mari, par le regret d'un petit llacon qu'elle a cassé et qu'elle pleure jour et nuit. Puis ce sera la crainte tle mentir et la conviction qu'elle ment continuellement, la haine d'un petit apprenti, un amour désordonné pour le petit chien du voisin, ce qui lui fait commettre mille extravagances, etc., etc. Au lieu d'une seule et unique idée fixe qui avait régné pendant vingt ans, nous nous trouvons en présence d'un essaim de petites idées fixes se transformant et se renouvelant sans cesse.
Pour montrer la o;ravité de ces idées secondaires accidentelles j'insisterai sur quelques-unes d'entre elles qui revêtaient des formes intéressantes. Justine est préoccupée d'un morceau de musique qu'elle étudie et depuis ce moment elle s'aperçoit qu'elle ne voit plus clair, car il y a devant ses yeux une poussière noire. En examinant avec plus de soin cette poussière, elle constate avec élonnement que ce sont les notes de musique de son morceau qui sont constamment devant elle et l'empêchent de voir assez pour se conduire dans la rue : voilà de nouveau une hallucination visuelle. Elle a lu (juel([ues pages d'un roman d'Eugène Sue dans lequel un des personnages est fort orgueilleux. Elle se met si bien dans la peau de ce personnage qu'elle entend des gens qui lui reprochent sa conduite et son orgueil : c'est une hallucination auditive. Elle a peur de mentir, cette idée du mensonge fréquente chez ces malades dépend sans doute du trouble de leur attention ; mais chez Justine cette idée s'exprime par une voix intérieure qui lui reproche sa maliioiinèteté. C'est la même voix, la malade l'a remarqué ellemême, qui autrefois disait « choléra, choléra » ; on reconnaît les anciennes hallucinations kinesthésiques verbales.
Dans d'autres cas, les idées fixes vont provoquer des mouvements subconscients. Préoccupée d'un changement de domicile, Justine rêve toutes les nuits qu'elle déménage, elle fait des mouvements pendant son sommeil et le matin se réveille avec les bras et les jambes contractures. Ces contractures sont particulièrement
FiG. 32. — Contractures syslématiquesdes bras porsislantau réveil aprèsle r^'vecludéménagoinent.
intéressantes, elles sont nettement systématiques. Tous les muscles ne sont pas tendus au même point ; ils le sont à des degrés différents de manière à maintenir le membre dans une position rigide mais expressive. Les bras sont en avant du thorax à demi fléchis
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Conlr^ictures systématiques des mains chez Justine après le rêve dans lequel ' elle apprend à faire l'octave.
comme s'ils portaient un objet lourd (fig. 22), l'une des jambes est étendue sur la cuisse avec le pied fléchi sur la jambe, l'autre jambe est h demi fléchie : c'est la position que prennent les membres inférieurs quand on monte un escalier. Elle eut ainsi assez fré-
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