‹ Nérvoses et idées fixesChapitre 65 sur 326 · AccideiUs nirnhiii.v ilc.s lt\sléri(jups, 1893, p · texte numérisé non relu

AccideiUs nirnhiii.v ilc.s lt\sléri(jups, 1893, p

point du corps. C'est un tvpc cranesthésie hystérique totale, il n'y a pas plus de sensibilité pour la chaleur, le froid, la douleur que pour le tact, la sensibilité a disparu siir tout le corps et même sur les muqueuses accessibles, le contact de la conjonctive ne détermine plus le réflexe palpébral, ni celui du pharynx le réflexe nauséeux. A ce moment, quelle que soit l'excitation, il n'y a jamais de sensation consciente, par conséquent il est impossible de parler de localisation.

Si à ce moment on examine les mouvements on voit qu'ils présentent des caractères bien connus et que j'ai réunis sous le nom de svndrome de Lasègue. Le sujet ne peut accomplir aucun mouvement conscient quand il a les yeux fermés ou qu'il est dans l'obscurité, il ne remue ses membres qu'en les regardant ou bien quelquefois en conservant le souvenir visuel de la position initiale. En dehors de ces cas et d'autres analogues, ^I. n'a conservé que des mouvements subconscients, en particulier des attitudes cataleptiques très faciles à provoquer dans tous les membres et à son insu. Dans ces conditions, on ne peut déterminer des mouvements localisés avec précision, on ne peut par exemple lui demander de remuer le doigt touché ou piqué puisqu'elle ne sent rien. On ne peut déterminer des mouvements que par la parole. Elle comprend ce qu'on lui indique et exécute, comme on vient de le voir, tous les mouvements demandés, à la condition qu'on la laisse libre de regarder, elle n'est arrêtée que par les commandements localisés à un côté, le droit ou le gauche.

Il est intéressant de remarquer que ces mots « droite et gauche » ont cependant un sens pour elle : M. sait parfaitement qu'elle a deux mains et deux pieds et que ces mots servent à les distinguer l'un de l'autre. Elle sait encore que cette distinction est justifiée, car les deux mains ne sont pas aussi habiles l'une que l'autre ; l'une de ses mains sait coudre, écrire, faire le signe de la croix, l'autre ne le sait pas. Il faut remarquer d'ailleurs que cette main esl bien la droite, que M. est droitière, et non ambidextre ni gauchère. Pourquoi donc alors hésite-t-elle et ne peut-elle pas faire le mouvement demandé ? C'est, si je ne me trompe, que ces notions sont chez elle de pures idées abstraites et ne s'associent avec aucune sensation ou aucune image actuelle en rapport avec l'une des mains. Elle sait que la main appelée droite est celle qui peut faire le signe de la croix, c est une pure connaissance qui n est associée avec aucune sensation provenant

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nctut'IlcMiu'ul (If lime lies mains. Aussi no peut-elle tliie d'avance laquelle de ses mains est capable de faire cet acte, il faut (ju'elle essaye de vimloii' cet acte en regardant la main quelle qu'elle soit qui se trouve devant ses veux, celle-là est la seule qui remue ; l'autre en dehors du regard est on le sait paralysée. Si le mouvement lui j)arail se faire bien, elle conclut (|ue c'est là la main droite, i^t pour conserver cette notion ac([uise il faut qu'elle ne (juitle pas des veu.K la main ainsi reconnue ; car si elle la quitte du regard, elle ne la reconnaît plus, ne peut garantir (jue c'est la même et l'expérience est à recommencer. Si au contraire, la main en question a fonctionné d'une manière maladroite, M. en conclut que ce n'est pas la droite et va à la découverte de l'autre, car elle ne sait pas où elle est ; elle sait seulement d'une manière théori(|ue qu'il y en a une autre. On peut d'ailleurs Tembrouiller dans sa recherche en lui présentant la même main, sur laquelle elle expérimente consciencieusement; enfin elle trouve l'autre main et la reconnaît à son fonctionnement. En pratique tout ce travail est bien simplifiée par certains signes surajoutés comme la bague à la main droite.

On voit bien que la connaissance théorique de la distinction des côtés ne suffit pas et qu'elle amène naturellement les hésitations de M. quand il n'y a absolument aucune sensation spéciale se produisant dans chaque main au moment des mouvements et permettant de les reconnaître. Celte conclusion me paraît si naturelle qu'il y aurait lieu de rechercher dans d'autres cas d'anesthésie hystérique tactile et musculaire des symptômes analogues à ceux de M. Si on ne les rencontre pas c'est que l'anesthésie est bien rarement aussi complète, aussi générale.

Dans un second état, quand le sujet se porte un peu mieux, la sensibilité semble revenir en partie. 11 v aurait ici des études intéressantes à faire sur cette restauration graduelle de la sensibilité; mais elles sont bien délicates, car il suflit de la plus légère chose j)our diriger l'attention du sujet vers telle ou telle sensation et la hiire réapparaître avant les autres. Cependant, si je ne me tronq)c, les sensations commencent tout à fait indistinctes et vagues ; le chaud, le froid, le pincement, le frôlement de la peau, un objet mis dans les mains, tout cela provoque seulement une sensation vague de quelque chose de gênant, sans que le sujet sache ce (jue c'est, (le n'est pas une doideur proprement dite, c'est surtout une sensation indistincte; la douleur à mon avis réap-

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