HISTORIQUE
très difîîcile. sinon impossible de les apprécier avec précision par Texamen de chaque œil au périmètre. Un examen de ce genre pratiqué par M. Parinaud sur un cas de M. Babinski, il est vrai qu'il s'agissait d'un accès de migraine ophtalmique déterminé par suggestion, n'a montré qu'un rétrécissement concentrique du champ visuel plus accusé qu'à l'ordinaire.
Dernièrement j'ai eu l'occasion d'observer ici même des phénomènes hvstériques qui, si l'on peut ainsi dire, simulaient assez bien la migraine ophtalmique, mais parmi lesquels l'hémiopie faisait encore défaut.
Aussi tous les auteurs qui ont parlé de ce phénomène comme M. Greco (de Pise), de VHémianopsie ht/stérùjue, 1891, et M. Gilles de la Tourette dans son traité de l'hystri-ie auquel nous avons emprunté quelques-uns des renseignements précédents admettent-ils que l'hémiopie, si elle existe chez les hystériques à la suite d'accès de migraine ophtalmique, est toujours transitoire et paraît due alors h l'exagération temporaire du rétrécissement concentrique du champ visuel.
Dans ces dernières années, M. Pitres' signale le scotome central et 1 hémiopie comme possibles dans l'hvstérie, sans insister toutefois sulïisamment sur ses propres observations, mais il déclare ces phénomènes très rares. Dans mon propre travail sur l'anesthésie, je rappelai que sur un grand nombre d'examens du champ visuel je n'avais jamais constaté chez les hystériques rien qui se rapprochât des phénomènes hémiopiques et je me montrais disposé à considérer ce svmptôme comme douteux dans l'hystérie". A la même époque M. S. Freud' écrivait: « L'hémiopie n'a pas encore été vue dans l'hvstérie et, je pense, elle ne le sera jamais. »
Il n'v a à signaler qu'un seul travail récent qui constate avec précision l'hémiopie, sinon précisément dans 1 hvstérie, au moins dans une névrose que l'on peut jusqu'à un certain point considérer comme voisine, la neurasthénie. Je veux parler du travail de MM. Déjerine et Vialet « sur une forme spéciale d'hémianopsie fonctionnelle dans la neurasthénie et dans la névrose traumatique^». Les auteurs n'admettent dans les cas qu'ils décrivent aucune