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tables, ils ne dorment que d'un sommeil lent à venir, facilement troublé, et agité de sursauts. Leurs colères dégénèrent en fureur et parfois en convulsions. Si vous leur laissez prendre un caprice, à ceux-là, vous êtes vaincu d'avance, leur ténacité usera votre patience, ils seront vos maîtres. On a un système commode: on met cette humeur quinteuse sur le compte de la souffrance : Tenfant est malade^ il a la colique, il fait des dents. Mais cette explication devient inacceptable quand on se trouvée en présence d'enfants florissants, qui prennent une demilivre par semaine. Ce sont de petites natures déjà nerveuses, dont le tempérament s'accusera par la suite*, ce sont des victimes futures delà névropathie, à moins de circonstances exceptionnelles, ou, ce qui ne semble pas impossible, d'un changement radical dans leurs dispositions constitutionnelles. On voit en effet des enfants qui, après avoir pendant un certain temps manifesté certains caractères physiques et moraux, ceux de l'un de leurs parents, par exemple, se transforment d'une façon assez complète pour présenter plus tard la ressemblance de l'autre parent. Le dynamisme du système nerveux peut donc se modifier dans le cours du développement organique, ce qui est de nature à nous rassurer un peu, et à nous arracher en partie au cauchemar de la fatalité héréditaire.
La première enfance est sujette à des maladies nerveuses de plus d'un genre (i), mais qui
(i) Voyez Bouchut, Traité pratique des maladies des nouveau-nés. 8« édition. Paris, i885, et Despine et Picot,
ne doivent pas nous arrêter, car la plupart sortent du domaine de la névropathie pure. La plus intéressante pour nous, c'est Téclampsie essentielle, ce qu'on appelle vulgairement les convulsions. Chez les enfants nerveux, une fièvre, même éphémère, le travail de la dentition, une peur, une irritation intestinale suffisent à les provoquer. Si le mal est léger et disparaît sans laisser de traces apparentes, chance assez rare, l'enfant se remettra et pourra ne différer en rien des autres enfants de son âge; mais on peut tenir pour certain que chez lui la disposition névropathique ne fait que sommeiller, et qu'elle se réveillera tôt ou tard. Si le mal es grave et se complique d'inflammation du cerveau ou de ses membranes, la mort devra être considérée presque comme une terminaison heureuse, car le survivant est fatalement voué aux paralysies, à l'épilepsie et à Tidiotie ou à Timbécillité.
Un autre accident nerveux du premier âge, c'est rincontinence des urines. 11 n'a pas toujours une grande importance et guérit parfois de luimême, mais dans quelques cas, il est le présage de l'hystérie et surtout de l'épilepsie larvée.
La chorée ou danse de Saint-Guy est une maladie de l'enfance. Elle a, commue Tont montré G. Sée (i) et H. Roger, des relations étroites avec le rhumatisme et Tinflammation des membranes interne et externe du cœur.
Manuel des maladies de V enfance. 3« édition. Paris, 1884. (i) G. Sée, De la chorée, rapports du rhumatisme et des maladies du cœur avec les affections nerveuses et convulsives (Mém. de l'Acad. de méd. Paris, i85o.)
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L*épilepsie, comme nous l'avons dit, succède fréquemment aux convulsions; mais elle apparaît parfois vers Tâge de sept à huit ans, sans accidents nerveux prémonitoires, presque toujours sous la forme de petit mal, d'accès vertigineux.
Puberté. > — A l'époque de la puberté, nouvelle série d'accidents, en général d'une gravité moins formidable. Les modifications que subit l'organisme, l'établissement parfois laborieux de nouvelles fonctions, sont l'occasion de transformations parfois radicales dans le tempérament et de réclosion d'une disposition névropathique jusqu'à lors latente. Chez les jeunes gens, ce sont les céphalées, les spasmes, la spermatorrhée, la naissance d'habitudes instinctives vicieuses; chez les filles, les névralgies ovariennes, les troubles nerveux de la dysménorrhée, les migraines, la chlorose, les convulsions hystériformes ; dans les deux sexes, l'épilepsie, la folie, rhystérie : c'est l'époque climatérique des grandes névroses.
Chez beaucoup de ces jeunes sujets, l'explosion bruyante et souvent imprévue d'une de ces maladies n'est pas le premier phénomène morbide susceptible d'être observé par un œil exercé. Ces enfants sont rarement des enfants comme les autres, de ceux dont on ne dit rien parce qu'ils rentrent dans la masse du commun. Il en est, — et ce sont les moins intéressants, parce qu'ils confinent à la limite de l'imbécillité, — qui ne sont remarquables que par leur apathie, leur nonchalance physique et morale, leurindif-
férence à tout ce qui les entoure. Mais chez le plus grand nombre, l'observateur est appelé à des remarques plus originales, plus pittoresques, s'il est permis d'employer ce terme. Ils sont, dès la plus tendre enfance, tourmentés par une curiosité maladive, insatiable, déraisonnable. C'est un désir immodéré de tout savoir, de tout voir, de tout entendre. C'est une mobilité extrême d'idées et d'impressions, comme un avant-coureur de leur instabilité future dans la sphère des idées et du sentiment. Us sont souvent affligés d'une émotivité extrême, secoués au moindre inci^ dent, au moindre bruit, par la peur, surtout la nuit, et hantés par des hallucinations terrifiantes. D'un caractère entêté, porté à la violence, ils n'en sont pas moins accessibles aux influences extérieures, surtout quand ces influences ont pour but de les entraîner au mal, preuve tangible de la faiblesse de leur volonté et de la prédominance de leurs facultés instinctives.
Age adulte. — C'est dans Tâge adulte que la plupart des formes de la névropathie générale se développent. C'est aussi, remarquons-le, l'époque où s'épanouissent les manifestations de la diathèse arthritique, avec laquelle la maladie nerveuse a tant d'aflinités. C'est également l'âge de la vie où font sentir leur influence avec le plus d'intensité les causes morales, telles que les chagrins, les excès de travail intellectuel, l'abus des plaisirs, qui prennent une part si large dans la genèse des névropathies.
D'abord apparaissent les troubles nerveux fixes, localisés, à manifestations rémittentes ou