L AGE
périodiques, puis, peu à peu, par suite de l'épuisement du système nerveux, des progrès de la. cachexie, ils se généralisent, deviennent mobiles, incessants, protéiformes, et constituent la neurasthénie.
C'est aussi l'âge de l'hypocondrie : sous l'influence des causes que nous venons d'énumérer, ou même d'une simple prédisposition individuelle, certaines personnes finissent par tomber dans un état psychique particulier dont la pusillanimité est la note dominante. Il font preuve d'une perpétuelle sollicitude pour leur santé ; consultent leurs excrétions, interrogent leurs viscères, sans cesse tourmentés par la crainte de se découvrir quelque maladie. Ils s'entourent des précautions les plus puériles, consultent dans leurs heures de loisir les livres de médecine, se rendent incommodes à leur entourage par leurs exigences ridicules et leur égoïsme à la fois cynique et naïf. Dans ces étroites limites, ce n'est qu'une infirmité morale et non une maladie. Mais il peut aussi arriver qu'à force de consulter leurs organes, les gens de cette catégorie nuisent à leur bon fonctionnement. Le cerveau, sans cesse sollicité dans cette direction, perçoit une foule d'impressions qui, dans Tétat ordinaire, s'éteignent dans la moelle et ne montent pas jusqu'à lui; et de ces impressions inusitées finissent par naître des idées extravagantes et bizarres qui constituent les aberrations mentales des hypocondriaques. Je ne sais quel est l'auteur qui a dit que les hypocondriaques peuvent faire naître involontairement une névrose de l'estomac
par cela seul qu'ils l'écoutent fonctionner. On ne saurait mieux dire et cela est incontestablement vrai.
Age mûr. — A Tâge de retour, la tendance aux affections nerveuses s'affaiblit et finit par s'éteindre. Cependant il existe de nombreuses exceptions^ et l'établissement de la ménopause est pour beaucoup de femmes le signal de l'explosion de nombreux accidents nerveux.
Vers rage de cinquante ans, terme moyen, souvent plus tôt, quelquefois plus tard, la femme entre dans cette période de la vie où son activité sexuelle disparaît et où va s'établir un mode d'existence différent, non seulement au point de vue des fonctions organiques, mais encore au point de vue des fonctions psychiques. La ménopause ne survient pas habituellement d'une façon brusque ; chez certaines femmes, les règles deviennent d'abord irrégulières; tantôt elles manquent tout à fait à l'époque ordinaire; d'autres fois enfin, elles prennent les proportions d'une véritable hémorrhagie. Lorsque la suspension du flux est prédominante, on voit certains malaises apparaître, malaises caractérisés par de petites poussées congestives vers divers organes, principalement vers la tête. D'autres fois, il semble que la cessation de la fonction ovarienne soit cause d'une surcharge d'influx dans le système nerveux et en particulier dans le système ganglionnaire qui préside à cette fonction; d'où se produisent des désordres vasomoteurs du côté de la face, des troubles des organes des sens, des phénomènes psychiques