‹ Nestorius et EutychèsChapitre 10 sur 279 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

cutés, il embrassait parfois à ce titre la cause d'idées repoussées par le plus grand nombre sans une raison suffisante; les opinions communes, les croyances vulgaires, le révoltaient instinctivement. Il avait, si j'ose ainsi parler, le tempérament de l’hérésie sans en avoir l’'orgueil; la vanité de ses opinions lui manquait, et son besoin d'examen s'arrétait toujours aux limites que lui traçaient un désir sincère de vérité et une foi fondée sur le savoir ‘. Il était hardi cependant, et on était excusable de le juger tel; mais l'honnêteté de l'homme absolvait les hardiesses du théologien. Malgré des dissidences partielles de doctrines, les hommes les plus orthodoxes de l’Orient le respectaient et l’aimaient; Chrysostome avait conservé pour lui jusqu’à la mort une affection que Théodore lui-même lui rendait par un dévouement presque religieux. L'évêque de Mopsueste connaissait de longue main Nestorius, originaire des contrées de l’Euphrate, et, le voyant élevé au premier siége de la chrétienté orientale, il lui parla à cœur ouvert de ses propres opinions et du désir qu'il avait de les voir admises par les hommes distingués de l’épiscopat. Leur conversation roula sur le mystère de l’Incarnation : nous ne savons pas ce qu'ils se dirent, mais la suite montra quel effet les paroles de Théodore produisirent sur les voyageurs ?, car Nestorius n’était pas seul ; il amenaït d’Antioche avec

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