LIVRE Ill
nommeraient piété l’abomination d'Égypte, je ne les croirais pas plus dignes de foi que la science que Dieu m'a donnéet. » Cet inflexible vieillard rompit avec tous ses amis qui lui donnaient ce qu'il croyait de lâches conseils. Sommé par le gouverneur de sa province de souscrire ou de quitter la ville, il sortit aussitôt; mais la ville après son départ ferma ses églises *, protestant qu’elle n'y laisserait pénétrer aucun intrus. Pour toute réponse, le gouverneur fit enfoncer les portes et célébrer les mystères sacrés sous la protection des soldats. Quant au vieil évêque, traîné en Égypte et condamné au travail public dans les mines de Phamothis, il y rendit l'âme. | Les expéditions des gouverneurs n'étaient point faites avec l’ensemble que désirait Cyrille, devenu l'âme de cette persécution comme il avait été celle du concile. Il obtint que l'Empereur enverrait en Orient un commissaire extraordinaire dont le caractère imposerait davantage aux évêques, surtout dans les diocèses de l'extrême Orient, foyer principal de l’opposition. Le commissaire chargé de cette terrible mission fut le tribun Aristolaüs, avec qui Cyrille entretenait une correspondance. Cet homme était sans doute plus habile que les simples gouverneurs ; il se montra plus menaçcant encore, mais n'’obtint guère davantage. Jean d’Antioche pourtant faiblit, et ce fut un triomphe pour le parti de l'oppression. La persécution engendra dans