LIVRE ÏIIf
dant quarante-cinq ans, avait combatiu toutes les hérésies, n’avait jamais en sa vie reçu aucun reproche des catholiques, et avait au contraire mérité l’approbation constante des évêques, des Empereurs et des peuples... » Le patriarche ajoutait dans une lettre particulière : « Nous nous ferons tous brûler plutôt que d’anathématiser Théodore, »
L'Empereur en avait déjà assez de la guerre aux vivanis; il recula devant cette nouvelle campagne contre des morts; l'affaire fut étouffée, non sans quelque peine, et Théodore de Mopsueste put reposer sans excommunication dans son sépulcre. Quant au nestorianisme, il subsista toujours en Orient dans les provinces traversées par l’Euphrate, d’où il passa en Arabie, en Perse et jusque dans l'Inde, propagé, comme je l'ai dit, par la persécution, car beaucoup de ceux qu’on avait chassés de leurs foyers, sans qu'ils fussent vraiment nestoriens, le devinrent par haine pour leurs bourreaux. Il en resta en outre plus d’un foyer caché sous des apparences catholiques en Europe et à Constantinople même. Les fidèles de cette petite communauté ne demandèrent-ils pas à l’empereur Marcien l'autorisation de ramener son corps dans la ville impériale comme on avait ramené celui de Chrysostome *? Quant aux nestoriens de l'extrême Orient, ils classèrent leur fondateur parmi les saints, et inscrivent encore aujourd'hui son nom sur le calendrier de leur Église.