‹ Nestorius et EutychèsChapitre 114 sur 279 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

Seconde période du règne de Théodose II : commencement de a décadence de l'Empire d'Orient. — Cyrus : Antiochus. — Code Théodosien. — Théodose fait mettre à mort Paulinus. — Eudocie se retire à Jérusalem. — Nouvelles intrigues de l'eunuque Chrysaphius. — Eutychès : sa vie, son caractère, sa doctrine; il est soutenu par l'Empereur. — La question des deux natures. — Querelle d'Eutychès et d'Eusèbe de Dorylée. — L'archevêque Flavien, son portrait; sa réponse à Chrysaphius. — Ouverture du synode de Constantinople. — Eusèbe dénonce Eutychès comme hérétique. — Eutychès cité deux fois refuse de comparaître. — L'archimandrite Abraham. — Eutychès se présente devant le synode à la troisième sommation : il lit sa profession de foi et se renferme dans cette déclaration. — Déposition et excommunication d'Eutychès.

La manie théologique qui était venue se loger dans le cerveau de Théodose II n’avait pas été plus heureuse à l'État, à la famille impériale, à lui-même, qu’à PÉglise, qu'elle agitait incessamment. Cette ombre de gloire militaire qui couronnait son règne au début s'était dissipée pour ne plus reparaître, quoique les généraux vairqueurs des Perses en 422 fussent encore debout pour la plupart, ou remplacés par d’autres qui les valaient. Il en était de même de cette réputation de sagesse que le fils d’Arcadius s'était acquise sous la

tutelle d’Anthémius et de Pulchérie‘: tous les abus qu'il combattait alors, les pillages, les vols, les injustices, avaient repris faveur sous la domination des chambellans. L’honneur et la sûreté de l’Empire au dehors, le bien-être des peuples au dedans, n'étaient plus la principale préoccupation du prince et de son gouvernement.

Toutes les forces vives de l’État se consumaient en luttes religieuses, et tandis que l'Empereur passait son temps à composer des symboles avec ses eunuques, à ourdir des intrigues ecclésiastiques avec les évêques, à régler, casser, confirmer des synodes, à déposer ou proscrire des prêtres ou des moines, l’or avait remplacé les armes sur les frontières de l’Empire. Théodose s'était rendu tributaire des barbares pour obtenir une paix toujours marchandée, et d'autant plus fragile qu’elle coûtait plus cher. La politique romaine, encore fière et digne sous Théodose Ier, ne connaissait plus sous son petit-fils que la ruse, la perfidie, l'assassinat au besoin, seule science à la portée des gardiens de gynécée, parmi lesquels il choisissait ses ministres. Et pourtant jamais plus formidable coalition de barbares n'avait menacé le monde romain et la civilisation: Genséric était à Carthage, et Attila sur les bords du Danube*.

4. J'ai raconté les premières années du règne de Théodose IT dans le volume de mes Récits qui a pour titre : Placidie. — Le Démembrement de l'Empire.

2. Consulter à ce sujet mon Histoire d’Attila et de ses successeurs,

I. 3. — Socr., VII, 22. — Sozom., IX, 1. — Cedr., I, p. 335. — Manass., p. 55.— Tillemont, Hist. des Emp., VI, p. 19.

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