‹ Nestorius et EutychèsChapitre 115 sur 279 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

À l’intérieur, sous ces dynasties successives d’eunuques par lesquels on pouvait compter les années de ce règne, il ne restait plus aux villes qu’une apparence trompeuse de prospérité, et la misère régnait dans les campagnes. Les impôts étaient écrasants, et toute la substance de l'État passait d’un côté aux mains des barbares qui vendaient la paix, de l’autre en divertissements publics et en spectacles, car Théodose, si économe et si réservé dans son enfance, était devenu fou du théâtre et des combats de bêtes féroces. On raconte qu'un roi indien ne crut pas, sur sa réputation, lui pouvoir offrir de cadeau plus agréable qu’un tigre privé, dont Théodose II fit son compagnon, comme Valentinien Ie avait fait jadis de l'ours Mica qui mangeait à sa table, mais la ressemblance des deux princes s'arrêtait là.

Les bons ou les mauvais ministres se suivaient à de courtsintervalles d’après les révolutions domesliques du palais. Si les eunuques triomphaient dans l’esprit du prince, l’Empire le ressentait aussitôt par les détestables fonctionnaires qu’on lui imposait; mais lorsque cette influence fatale faisait place à celle de l’impératrice Eudocie, ou même à celle de Pulchérie, qui se relevait encore de loin en loin, des intermittences de bonne justice administrative et de calme venaient rendre quelque vie aux provinces.

L'histoire nous a conservé le nom du ministre Cyrus, arrivé au timon des affaires par la faveur d'Eu-

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