Cod. Theod., Novel. I, p
2. On a retrouvé, il y a quelques années, le procès-verbal de cette adoption par le sénat de Rome.
l'un par l'Empereur et l’Impératrice, l’autre par les vierges-reines , formajent dans l'enceinte du palais comme deux palais séparés, ou plutôt deux citadelles ennemies dont l’abord était gardé par les eunuques. Quelle que fût la gravité des affaires, Théodose ne recourait plus à cette admirable conseillère qui l'avait si bién conduit, lui et l'Empire, pendant près de dix ans: elle-même s’abstenait de paraître pour ne point donner prétexte à la jalousie de son frère et au reproche répété par les courtisans, qu’elle ne voulait voir en ce frère qu'un pupille. Il y avait pourtant des circonstances où l'effacement volontaire lui eût paru un crime, c’est lorsqu'elle croyait la foi en péril par les mesures de l'Empereur et de la cour.
Pulchérie sortait alors de sa retraite avec l'autorité morale de son rang et de ses anciens bienfaits, et Théodose s’inclinait devant elle. Pour empêcher ces retours passagers de puissance et venir ainsi en aide à la faiblesse de leur maître, les eunuques dirigeants formèrent plus d’une fois le complot de la faire sortir du palais. Chrysaphius y réussit enfin, comme nous le verrons; mais en cherchant à combattre par ces indignes moyens la popularité d’Augusta, on ne réussit qu’à l'accroître encore. Retranchée en quelque sorte dans le domaine des opinions religieuses, où elle était inviolable , elle s’y fit la protectrice de l’orthodoxie, battue en brèche par la cour tout entière. Les évêques s'adressèrent à elle dans leurs plaintes comme dans leurs vœux, et Pulchérie disgraciée, exilée du gouvernement, fut la souveraine du parti catholique.