Leo., Ep. 79, 2. Theoph., p. 89. — Theodor., Ep
Flavien n'était pas bién en cour, et pour plusieurs raisons. En premier lieu, il avait contrarié l’'eunuque Chrysaphius en acceptant une place que celui-ci convoitait pour son parrain Eutychès ; en second lieu, il l'avait blessé dans son avarice. Un usage qui sentait beaucoup la simonie s’était introduit dans l’Église de Constantinople. Depuis assez longtemps, probablement depuis la domination des eunuques, il était de règle que l’archevêque nouvellement nommé dans la ville impériale envoyât à l'Empereur, comme don de bienvenue, des eulogies : on appelait ainsi des pains de farine choisie, non consacrés, mais bénits, que les évêques envoyaient aux personnages à qui ils voulaient faire honneur. L'avidité des fonctionnaires du palais avait peu à peu transformé ces pains en une somme d'argent que l’on appelait pareillement les eulogies.
C'était un honteux tribut que les archevêques de Constantinople s'étaient résignés à payer pour bien vivre avec la cour. Flavien s’y refusa, et, à la réclamation qui lui fut faite par Chrysaphius des eulogies q’il avait oubliées, il envoya pour Théodose quelques petits . pains de pur froment. Chrysaphius ne voulut pas les recevoir. « Ce n’est pas du pain qu’on envoie à l'Empereur, lui fitil dire, c'est de l'or !..» L'archevêque répondit qu’il n’en avait point, que le revenu des Églises appartenait à Dieu d’abord, puis aux pauvres, et, comme Chrysaphius insistait, il lui envoya les vases
1. Chrysaphius contra, aureum benedictionis donum mittendum esse dixit. Niceph., XIV, 47.