LIVRE IV
d’aller plus loin, je dois dire quel était l'archevêque de Constantinople et dans quels termes il se trouvait soit avec son clergé, soit avec la cour; ceci importe à l'éclaircissement des choses qui vont suivre.
Flavien, archevêque de Constantinople, était trésorier de cette Église et gardien des vases sacrés lorsqu’en 416 la mort de Proclus laissa le siége épiscopal vacant; il y fut porlé par l’estime publique. Flavien possédait toutes les vertus privées qu'on recherche dans un citoyen et dans un prêtre : il était indulgent, désintéressé, charitable, ami de la conciliation et du pardon'; mais l'énergie, qui est l'âme des vertus publiques, lui manquait entièrement. Il avait assisté au concile d'Éphèse dans ce parti de catholiques modérés qui repoussaient les excès de doctrine en même temps que l’esprit de persécution, parti dont Théodoret était resté le chef*. Flavien était en correspondance intime avec lui;-cependant il ne possédait point cette trempe de caractère qui rendait l’évêque de Cyr, frappé de relégation, si redoulé des hommes de trouble et si respecté des autres. Sa foi était la foi orthodoxe, également éloignée des tendances nesloriennes et apollinaristes. Il connaissait Eutychès et le ménageait, non assurément par sympathie d'idées, mais par tolérance et mansuétude de cœur, ne le croyant pas dangereux, et sentant bien néanmoins qu’il ne fallait pas donner à son orgueil le stimulant de la persécution.