‹ Nestorius et EutychèsChapitre 139 sur 279 · LIVRE V · texte numérisé non relu

LIVRE V

Le pape Léon s'oppose à la réunion d’un concile œcuménique. — Eutychès accuse Flavien d’avoir altéré les actes du concile de Constantinople. — Théodose institue une commission d'enquête qui prononce la justification de l'archevêque. — Détails sur la manière dont se rédigeaient les procès-verbaux des conciles. — Dioscore, patriarche d'Alexandrie : son caractère, ses violences, son avarice, son ingratitude envers la famille de Cyrille. — L'Empereur lui donne la présidence du second concile d'Éphèse. — Barsumas et ses moines bandits. — Lettre du pape Léon sur l’Incarnation. — Ouverture du concile du Brigandage. — Les évêques refusent la lecture de la lettre du pape. — Requêtes d'Eutychès et de ses moines; le synode les absout et leur rend les fonctions de leur ordre. — Dioscore réclame la déposition de Flavien et d'Eusèbe de Dorylée. — Les moines de Barsumas et la foule envahissent l’église et forcent les évêques à signer cette condamnation. — Affreuses scènes de désordre et de violence. — Flavien, jeté à terre, est foulé aux pieds par Dioscore; sa mort. — Dioscore excommunie le pape et condamne Théodoret de Cyr et Domnus d'Antioche. — L'Empereur confirme les résultats du concile. — Mort de Théodose.

La lutte entre Eutychès et Flavien s’accentua chaque jour de plus en plus : autant l’archimandrite mit d'activité à provoquer l’annulation de sa sentence, autant l'archevêque en déploya pour la faire exécuter. Il somma le condamné de quitter immédiatement son couvent, et, comme les moines se mutinaient, comme ils refusaient de souscrire à la déposition de leur supé-. rieur, Flavien les frappa de l'interdiction des mystères

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sans dissoudre toutefois leur communauté, de sorte que, sans cesser d’être liés par la discipline monastique, ils ne pouvaient ni assisler aux offices, nicommunier!, ni recevoir la sépulture chrétienne chez eux ou ailleurs: puis il mit le séquestre sur leurs biens, qu’il fit administrer par l’économe de son Église,

Le pape alors assis sur le siége de Saint-Pierre était un des plus illustres évêques qui aient gouverné celte première des Églises: il s'appelait Léon, et méritait par son sens pratique des choses, non moins que par sa science théologique et ses sentiments de patriote romain, que la postérité attachât à son nom le titre de grand. Ce qui venait de se passer à Constantinople l'effraya, et il bläma Flavien de sa précipitation à commencer un procès de cette nature. « Il peut, disait-il, en sortir une flamme qui mettra le monde en combustion comme naguëre le procès de Nestorius. Il faut toujours vider de pareilles disputes sans bruit et sans éclat : c’est ainsi que l’on donne l'exemple de la charité et que l’on défend la vraie foi ?. » Eutychès, en lui transmettant son appel, avait essayé de justifier sa doctrine, et celte justification avait suffi pour que Léon le jugeàtun homme ignorant, vaniteux, mais facile à rame. ner à la véritable croyance sans scandale ni bruit. — Il chercha donc à dissuader Théodose de la réunion d’une

4. Prohiberi nos cum nostro magistro a communione divinorum mysteriorum. Concil., IV, p. 277.

2. Decet enim in talibus causis hoe maxime provideri, ut sine ” strepitu concertationum ct charitas custodiatur, et veritas defendatur, Leo. Ep. 20.

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