LIVRE V
assemblée œcuménique, laquelle, à son avis, ne ferait que troubler l'Église et jeter le désordre dans l’Empire; mais ces sages conseils ne furent point du goût de la cour. | Chrysaphius tenait au concile œcuménique pour plus d’une raison : d'abord il voulait donner une revanche solennelle au grand docteur, son père en Dieu, puis il voulait abattre l'archevêque qu'il détestait, et, enfin, il donnait satisfaction par là aux sentiments de Théodose, converti par lui-même à la nouvelle doctrine, et qui se croyait maintenant eutychien de conviction, comme jadis il s'était cru nestorien. L'impératrice Eudocie ne poussait pas moins vivement à la convocation du concile. Ramenée au palais impérial par l'entremise de Chrysaphius et rendue à son rang, elle s'était jetée dans toutes les intrigues de la cour à la suite de son protecteur. La spiritualité des conceptions d'Eutychès plaisait d'ailleurs à son imagination poétique, et la théologie savait la distraire de ses chagrins. Au surplus, cette convocation devint bientôt une nécessité par le tapage qu’on fit autour d’elle. L’archevêque ne ménageait rien pour se fortifier, entrevoyant une lutte terrible avecla cour. Il fit publier, dans toutes les églises et dans tous les monastères et afficher dans toutes les rues de Constantinople, la sentence de condamnation avec des attaques contre le condamné*®.