LIVRE Y
Flavien répéta ce qu’il avait toujours dit, à savoir, que la résolution d’Eutychès ne lui avait été connue que par le rapport du patrice Florentius, lorsque, la séance étant déjà levée, il regagnait par un escalier de communication les appartements de l’évéché {.
Sur le second point existait un témoignage important, celui du silentiaire Magnus, lequel déclarait avoir vu la sentence aux mains d’un clerc de l'archevêque avant l’entrée d’Eutychès dans la salle du concile, et avoir entendu dire que l'accusé était condamné d’avance. Magnus avait tenu ce propos à plusieurs personnes. Le témoignage était grave, le fait encore davantage : la commission d'enquête refusa d’examiner l’affaire, y voyant une application du droit canonique qui dépassait sa compétence et devait être renvoyée à l'appréciation du concile œcuménique. Toutefois le silentiaire Magnus, dans l'intérêt de sa dignité, fit affirmer son témoignage par le maître des offices Aréobinde*?. |
L'enquête finie, le procès-verbal fut joint aux pièces du concile. Il résultait du travail de la commission que Flavien n'avait trempé dans aucune falsification, que les altérations de fait constatées n'avaient point eu pour but de nuire à l'accusé, qu’elles étaient nombreuses cependant, et constituaient des inexactitudes regrettables. Aétius déclara même qu’il ne pouvait pas
4. Non audivi ego ab illo, sed a viro magnificentissimo ct gloriosissimo exconsule et patricio, ascendente me in superiora domus post solutam synodum. Concil., IV, p. 244...