‹ Nestorius et EutychèsChapitre 167 sur 279 · LIVRE V · texte numérisé non relu

LIVRE V

du corps et le renversèrent. Dans cette position, Dioscore le foula aux pieds, lui frappant du talon les côtes et la poitrine; les moines de Barsumas, accourus au bruit, assaillirent à coups de bâton le malheureux archevêque étendu sur le pavé, et le piétinèrent sous leurs sandales !,

L'enquête raconte que Barsumas était là, les animant par sa présence, et leur criant en syriaque: «Tue, tue!» Les évêques, épouvantés, se sauvaient de toutes parts et se firent enfin ouvrir les portes. Flavien, traîné hors de l’église par des soldats, fut jeté expirant sur la paille d’un cachot, d’où on le tira le lendemain pour le conduire en exil. On devait l'emmener au fond de la Phrygie, mais il mourut en route, trois jours après sa condamnation, dans une bourgade appelée Hypèpe*.

Eusèbe, d’abord emprisonné, puis destiné à l'exil, s'évada, et après bien des fatigues et des périls traversa la mer pour se mettre sous la protection du pape. Jules et Hilaire s’y trouvaient déjà. Ce dernier ressentit toute sa vie une secrète terreur au souvenir de cet affreux concile, et, lorsqu'à son tour il fut devenu évêque de Rome; il construisit près du baptistère de Saint-Jean de Latran une chapelle dédiée à l'évangéliste « son libérateur»; il en avait fait le vœu proba-

4. Flavianus a Dioscoro pulsus et calcibus appetitus miserabili modo interfectus. Evagr., 11, 2. — Flavianus turbulentis impulsionibus et calcium ictibus a Dioscori factione ex synodo ejectus. Niceph., XIV, 41. — Zonar., p. 36.

2, Bursumas ipse instabat et dicebat : Occide. Concil., IV, p. 24,

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