LIVRE V
Chrysaphius se hâta de faire confirmer par l’Empereur les résultats du Brigandage d'Éphése, et une loi de Théodose, rendue peu de temps après la clôture de ce faux concile, ajouta aux sévices ecclésiastiques la persécution civile. La déposition des évêques Eusèbe, Domnus et Théodoret était nommément approuvée, et leur bannissement prononcé avec interdiction du feu et de l’eau non-seulement contre eux, mais contre ceux qui communiqueraient avec les condamnés. La même loi établissait l'assimilation de doctrines entre Nestorius et les déposés d'Éphèse!. Théodose signa sans doute cette odieuse loi avec satisfaction, comme une preuve de sa clairvoyance théologique et de son orthodoxie ; mais sa joie ne dura pas longtemps, et la mort le frappa inopinément le 28 juillet de l’année suivante.
Un jour qu'il était allé chasser aux environs de Constantinople sur les bords d’une petite rivière appelée Leucé, c’est-à-dire la Blanche, son cheval emporté l'y précipita, et il se fracassa en tombant l’épine dorsale. On le mit sur une litière, et on le ramena ainsi au palais, où il mourut la nuit suivante. Pulchérie, rappelée en toute hâte de l'Hebdomon, assistait à ses derniers moments; elle le fit déposer le 30 juillet au tombeau d’Arcadius”?, leur père, dans la galerie méri-
1. Concil., IV, p. 864. — Theodor., Ep, 140. — Tillem., Hist, ecclés., XV.
2. Theodosius junior ad venationem egressus, cum in Leucum fluvium abreptus fuisset, sequenti nocte mortuus est et in monumento Arcadii patris ipsius sepultus. Theodor. Lect., I. — Chron. Alexand.,
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dionale de léglise des Apôtres. Ce faible Empereur, auquel les Grecs ont donné le titre de pieux ou dévot, mais dont la manie théologique fut un fléau pour son Empire, finit dans la cinquantième année de son âge, après avoir régné quarante-deux ans et près de trois mois depuis la mort de son père, et un peu plus de quarante-huit ans depuis qu’il avait reçu le titre d’Auguste. Sa mort laissa les rênes de l’Empire aux mains de Pulchérie Augusta.