‹ Nestorius et EutychèsChapitre 186 sur 279 · LIVRE VI · texte numérisé non relu

LIVRE VI

des moines et des étrangers les suivit, s’'augmentant encore pendant la route.

Au 1°" octobre ou peu de jours après, le concile se trouva réuni à Chalcédoine. C'était le plus nombreux qu'eût encore vu la chrétienté. Des documents officiels portent le chiffre des membres à 630, parmi lesquels il faut comprendre les absents, pour qui leurs métropolitains signèrent la définition de foi. Le concile luimême, dans une lettre écrite au pape Léon, ne s'attribue que 520 membres, et les listes de signataires qui nous sont restées des différentes séances ou Actions en portent presque toujours beaucoup moins. Quoi qu'il en soit, c'était une grande et imposante assemblée, puisque le premier concile œcuménique n'avait compté que 318 : membres et le second que 150. Le lieu du rendez-vous était l’église de Sainte-Euphémie.

À cent cinquante pas du Bosphore, en dehors des portes de Chalcédoine, s'élevait sur un monticule la basilique dédiée à la martyre Euphémie, une des saintes les plus vénérées de l'Orient. On y montait par une pente insensible; mais lorsqu’on avait atteint le sommet du coteau, on voyait se déployer aux regards

4. Concil., IV, p. 834. — Facund. Hermian., IL, 6. 2. Distat hæc basilica a Bosphoro duobus circiter stadiis, sita in 1oco quodam amæno et molliter acclivi. Evagr., II, 3.

un spectacle merveilleux : d’un côté, la mer, ici tranquille, là plus ou moins agitée, et jetant son écume sur les rochers de la rive; de Pautre, de hautes montagnes couvertes d’antiques forêts; au fond dela vallée, des prairies à perte de vue, des moissons jaunissantes, des vergers couronnés des plus beaux fruits; en face, la ville de Constantinople, s'étageant sur la côte européenne du Bosphore, servait de fond à ce magnifique tableau.

La basilique elle-même était digne de cet encadrement par la beauté de son architecture. On y entrait par une vaste cour rectangulaire, garnie d’une colonnade, et formant péristyle à un ensemble d’édifices. L'Église, de la même dimension et d’une ordonnance pareille, conduisait à un oratoire circulaire surmonté d'une coupole qu'entourait une galerie d’où l’on pouvait entendre l'office. C'était là le martyrium proprement dit, lequel contenait dans sa partie orientale le tombeau de la sainte et son corps enfermé dans une châss d'argent.

La croyance générale était qu’il s’opérait en ce lieu beaucoup de miracles. Dans les temps de désastres ou de dangers publics, l'archevêque de Constantinople, averti par certains signes, prévenait à son tour l'Empereur, et l’on se rendait processionnellement à l'oratoire, l'Empereur et l’Impératrice en tête, puis les magistrats, le clergé et tout le peuple de Constantinople.

1. Tumulus magnificus, in quo sanctæ martyris reliquiæ jacent in

arca quadam oblonga reconditæ, quam nonnulli paypæv vocant, € argento pulcherrime fabricata. E vagr., II, 3.

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