‹ Nestorius et EutychèsChapitre 202 sur 279 · LIVRE VIT · texte numérisé non relu

LIVRE VIT

cinq jours après l’autre. Lors de la première Action, le concile était constitué en cour de justice, sous la présidence des magistrats ; il se forma cette fois en assemblée purement ecclésiastique, ayant à appliquer les lois de l'Église. Les légats du pape ou les Romains, comme on les appelait, présidèrent conformément à la convention passée entre le pape Léon et l'empereur Marcien. Paschasinus, chef de la légation, dit, en occupant le siége de la présidence, qu’il « le faisait au lieu et place du très-saint archevêque de la ville de Rome et par son ordre. »

Le droit romain, on le sait, ne connaissait pas, comme le nôtre, l'institution d’un ministère public chargé de poursuivre, au nom de la société, les actes qui peuvent compromettre son existence ; sauf certains cas fort rares, la poursuite des crimes publics était laissée à l'initiative d’accusateurs privés. Il en était de même dans le droit canonique, qui avait emprunté sa procédure au droit civil. Ici encore, Eusèbe de Dorylée se porta accusateur. Dans la première Action, devant une cour de justice ecclésiastique présidée par des magistrats, il avait adressé sa requête à l'Empereur, qui l'avait renvoyée au concile ; dans celle-ci il saisit directement l'assemblée, parce qu'il s'agissait de la juridiction ecclésiastique pure. Sa requête contenait trois chefs principaux :

1° Eusèbe avait été injustement déposé: ; quoique relevé de sa déposition par le pape, il réclamait son

4. Arguit quæ audacter commissa sunt a Dioscoro adversus me, Concil., IV, p. 380.

rétablissement canonique dans l’Église de Dorylée.

2° Dioscore ayant fait triompher à. Éphèse l’hérésie d'Eutychès, Eusèbe demandait qu'il fût puni, pour l'exemple, des peines les plus graves des canons, et que la doctrine perverse d’Eutychès fût solennellement anathématisée !.

3° Enfin il émettait le vœu que les actes de la criminelle assemblée d’Éphèse fussent cassés, et l’assemblée rayée de la liste des conciles sous une déclaration d’indignité.

On remarqua que la mise en accusation se bornait au seul Dioscore, et que ni Juvénal de Jérusalem, ni Thalassius de Césarée, niles trois autres vice-présidents d'Éphèse ne s’y trouvaient compris. Eusèbe s'était aperçu sans doute que la conduite de ces cinq évêques à la séance du 8 octobre et leur désertion courageuse en face de Dioscore leur avaient gagné la sympathie de la majorité ; or l’ancien avocat n'était pas homme à se fourvoyer dans une affaire dont le résultat devait être douleux. |

Quand 1a requête eut été lue, Eusèbe se leva et dit: « Plaise au saint concile que mon adversaire soit appelé pour s'expliquer contradictoirement avec moi sur les choses doutl je l’accuse?, — 11 l’a été, reprit l'archidiacre de Constantinople Aétius, qui faisait fonctions de promoteur et de primicier des notaires. Les

4. Accusavimus enim prædictum Dioscorum, tanquam consentaneum Eutychi hæretico et damnato et anathematizato. Concil., IV, p. 380.

2. Supplico adversarium meum ad conspectum meum evocari. Goncil., IV, p. 381.

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