LIVRE VII.
que pour mon compte je ne crois pas, il faut nous laisser le temps de réfléchir !. »
Repoussés encore sur ce point, les magistrats invitèrent les évêques à se concerter comme ils voudraient pour une résolution commune, et à se réunir dans ce dessein chez le patriarche de Constantinople, Anatolius. .« Puisqu'il y a des doutes sur la foi, répétaient-ils, il faut les éclaircir, et l'archevêque s’adjoindra les hommes les plus propres à rassurer les consciences ; l'Empereur vous donne cinq jours pour vous entendre*.»
Quelques évêques réclamèrent la lecture de la seconde lettre de Cyrille à Nestorius et la lettre du même Père aux Orientaux ;: on s’abstint de lire la troisième à Nestorius, qui renfermait les anathématismes. On lut également en grec la lettre de Léon: cette lecture fut interrompue en plusieurs endroits par les protestations des évêques d’Illyrie et de Palestine. Les magistrats profitèrent de ces oppositions pour montrer la nécessité d’une définition nouvelle, et les discussions . sur la foi furent renvoyées à cinq jours de là.
La séance allait être levée, quand tout à coup un grand tumulte se produisit dans l'assemblée. Les évéques d’Illyrie et de Palestine, c’est-à-dire la fraction du parti de Dioscore ralliée au côté gauche, demandèrent
4. Precamur vestram magnificentiam præstari nobis inducias, quatenus cum decenti tractatu accedere ad veritatis causam possimus. Concil., IV, p. 340.
2. Differatur audientia usque ad quinque dies, ut inter eos conveaiat vestra sanctitas ad sanctissimum archiepiscopum Anatolium, et communiter de fide tractetis; ut qui dubitant, doceantur. Concil., IV, p. 369.
par acclamation qu’on rendit les Pères au concile. Ils entendaient par là Juvénal de Jérusalem, Thalassius de Césarée, et les autres vice-présidents du faux syriode d'Éphèse qui avaient été déclarés par les magistrats complices des violences de Dioscore ; plusieurs réclamaientDioscore lui-même.«Nous prions pour nos Pères, disaient-ils, rendez-les au concile. Portez nos prières à l'Empereur, portez-les à l’'Impératrice ; nous avons tous péché, qu’on pardonne à tous !'.»
Au nom de Dioscore, les Orientaux se soulevèrent avec indignation. « Non, non, s’écrièrent-ils ; que l'Égyptien soit banni!» Mais les Illyriens reprenaient : « Rendez Dioscore au concile ; nous avons tous failli, pardon pour tous! — Ceux qui demandent le pardon de Dioscore ne sont pas nombreux, s’écrièrent les clercs de Constantinople, ce n’est pas là le concile*.» Les magistrats, interrompant ces clameurs, dirent aux évêques : « Ce qui a été prononcé sera exécuté ?. » Ainsi finit la seconde Action. |
L'objet de la première, on se le rappelle, avait été de constater les faits du Brigandage d'Éphèse et d'en rechercher les auteurs ; il restait maintenant à faire aux coupables l'application des peines canoniques: ce fut l’objet de la séance qui se tintle 13 octobre,
1. Pro Patribus petimus, Patres Synodo reddite. Eas voces Imperatori, eas preces Augustæ. Omnes peccavimus, omnibus iadulgeatur. Concil. IV, p. 369.
2. Clerici Constantinopolitani clamaverunt : Pauci clamant, non . tota dicit Synodus. Concil., IV, p. 369.
3. Quæ interlocuta sunt, cffectui mancipentur. (Concil., IV, p. 312.