‹ Nestorius et EutychèsChapitre 215 sur 279 · LIVRE VII · texte numérisé non relu

LIVRE VII

longues années aux magistrats! longues années au. sénat! Voilà l'union rétablie; voilà la paix des Églises‘. » |

Tandis que ces choses se passaient dans l’intérieur de la basilique, des pétitionnaires de haut rang attendaient à la porte le moment de présenter une requête au concile. C’étaient treize évêques d'Égypte qui n'avaient pas assisté aux séances depuis la première où leur patriarche avait été mis en cause, non plus que les autres évêques Égyptiens, et qui prétendaient parler au nom de tout l’épiscopat de leur province. La veille même, ils avaient adressé à l'Empereur une requête tendant à les faire dispenser de signer la lettre du pape Léon, et Marcien les renvoyait avec leur requête s'expliquer devant l’assemblée. Les magistrats ordonnèrent de les introduire. Comme ils s’'acheminaient vers l'enceinte réservée aux pétitionnaires, on leur cria de toutes parts de prendre place parmi les évêques comme évêques eux-mêmes, et ils le firent. Ils avaient à leur tête un certain Hiérax ou Hiéracus dont le nom signifiait « épervier », et qui était évêque de la petite cité des Aphnaïtes. Quand ils furent assis, ce dialogue commença entre eux et le magistrat qui présidait : « Vous apportez une pétition ? leur dit celui-ci. — Oui,

4. Unus Deus qui hoc fecit. Multi anni Imperatorum! magnorum Imperatorum multi anni! multi anni senatus ! multi anni judicum ! Hæc integra adunatio, hæc pax Ecclesiarum. Concil., IV, p. 510.

par la trace de vos pas que nous baisons, répondirent les Égyptiens’. — Et vous l'avez souscrite? — Oui, dirent-ils encore, ce sont bien là nos signatures. — Eh bien donc! qu'on la lise. »

Constantin, secrétaire du consistoire impérial, en donna lecturé. Elle était laconique et embarrassée. On y lisait : « La foi qui nous a été transmise par nos pères spirituels, par le saint évangéliste Marc, l’illustre martyr Pierre d'Alexandrie, et les très-saints docteurs Athanase, Théophile et Cyrille d'heureuse mémoire, cette foi orthodoxe, nous la gardons comme des disciples fidèles, et en la professant, nous suivons les trois cent dix-huit Pères de Nicée, ainsi que le premier concile d’Éphèse. De plus, nous anathématisons toutes les hérésies, celles d’Arius et d'Eunome, celles de Manès et de Nestorius, et cette autre qui prétend que la chair du Seigneur est venue du ciel et non de la sainte Vierge, mère de Dieu, et qu’elle n’est pas semblable à la nôtre, sauf le péché?. Nous anathématisons enfin toutes les hérésies qui soutiennent et enseignent autre chose que l’Église catholique. » La conséquence de cette brève exposition était que les pétitionnaires n’admettaient aucune règle de foi en dehors de celles qu’ils déclaraient, et que par cette raison absolue ils ne souscriraient point la lettre du pape.

1. Vos petitiones porrexistis? Reverendissimi episcopi Ægyptiorum dixerunt: Etiam per vestigia vestra. Concil., IV, p. 510.

2. Anathematizantes omnes hæreses, et Arii, et Eunomii, et Manichæi, et Nestorii, et illos qui dicunt e cœlo carnem Domini nostri fuisse, et non ex sancta Dei genitrice virgine Maria, ad similitudinem omnium nostrum sine peccato. Concil., IV, p. 511.

Page 1