‹ Nestorius et EutychèsChapitre 214 sur 279 · LIVRE VII · texte numérisé non relu

LIVRE VII

Cette explication fit voir au concile qu'il y avait eu des tiraillements dans les conciliabules tenus chez l’archevêque à propos de la lettre du pape Léon, et que les points de la lettre qui avaient surtout été discutés concernaient la distinction des deux natures; beaucoup d’évêques, trouvant de l'obscurité dans les mots, avaient accusé la lettre d'incliner à La séparation telle que lenseignait Nestorius. Les légats avaient répondu aux objections, dissipé les doutes, mais il leur avait fallu prononcer anathème contre le nestorianisme et ses affiliations. C'est ce qui avait engagé les magistrats, avertis de ces débats extérieurs, à poser prudemment la question d'orthodoxie de la lettre. Les évêques de Palestine avouèrent à leur tour que de pareils scru-

- pules les avaient tourmentés, mais qu’à présent, grâce aux explications des légats, ils adhéraient à la lettre du pape sans restriction. Cent soixante évêques ayant opiné individuellement ou par groupes, les magistrats invitèrent les autres à se prononcer aussi; ils répondirent tout d'une voix : « Nous nous joignons à eux, nous pensons tous comme eux!. »

Satisfaction était donnée aux légats; la lettre de Léon prenait place en Orient comme en Occident parmi les documents régulateurs de la foi; les magistrats en restèrent là sans renoncer toutefois à leur proposition, qu'ils ne firent que différer, Pour le moment ils ne voulurent pas troubler l'union qui régnait dans l'assemblée. Les évêques profitèrent de ces dispositions

4. Omnes acquiescimus, omnes similiter credimus, omnes eadem sapimus. Sic supimus, sic credimus, Concil., IV, p. 507.

favorables pour obtenir la grâce des cinq vice-présidents du faux concile d’Éphèse, déclarés, comme Dioscore, dignes de déposition lors de la première séance. « Ils sont catholiques, criait-on de toutes parts aux magistrats, ils ont souscrit la lettre du pape — ils s'étaient hâtés de le faire en gens habiles. — Les cinq ont souscrit la foi, ils pensent comme l'archevêque de Rome. Longues années à l'Empereur! longues années à l'Impératrice!! »

Le cri de pardon était à peu près général, et les magistrats crurent devoir consulter Marcien. « Vous avez déposé Dioscore, dirent-ils aux évêques, et vous voulez absoudre ceux-ci; vous en porterez la responsabilité devant Dieu”. En attendant, que l'Empereur décide! » La séance fut suspendue pendant quelques heures pour attendre la réponse du prince. Marcien laissait au jugement du concile le sort de ces cinq évêques. « Qu'en voulez-vous faire? dirent alors les magistrats. — Nous demandons qu’ils rentrent, » s'écria Anatolius le premier, et tous les autres répétèrent ce cri. « Eh bien donc! qu'ils entrent, dirent les magistrats, vous en rendrez compte là-haut. » Quand les cinq furent entrés et se furent assis, des acclamations partirent de tous les rangs : « C’est Dieu qui l’a fait, disait-on; longues années à l'Empereur!

4. Ipsi etiam quinque episcopi fidei subscripserunt : sicut Leo ,sic sapiunt. Multi anni Imperatoribus ! Multi anni Augustæ. Concil.,

IV, p. 507.

2. Vestra reverentia rationem Deo redditura est. Evagr., II, 18. 3. Petimus eos intrare. — Rogamus eos intrare. Concil., t. IV,

Page 1