‹ Nestorius et EutychèsChapitre 226 sur 279 · LIVRE VIII · texte numérisé non relu

LIVRE VIII

semblée pour avoir « déraisonnablement » condamné le saint archevêque. Si elle ne retirait pas sa sentence, les requérants déclaraient qu'ils secouraient sur elle la poussière de leurs vêtements et se retireraient de sa communion. À ces mots, l’archidiacre Aétius saisit le livre des canons qu’il avait près de lui, l’ouvrit et lut à haute voix le cinquième canon d’Antioche ainsi conçu : « Tout prêtre ou diacre qui se sépare de la communion de son évêque pour tenir à part des assemblées sera déposé et, s’il persiste dans son schisme, chassé comme séditieux par la puissance séculière. » — «, Ce canon est juste, dirent les évêques; c'est la loi des Pères, qu'elle soit appliquée. » |

Après un court intervalle de temps, les magistrats reprirent l’interrogatoire, et s’adressant à Carosius et aux autres moines : « Déclarez, leur dirent-ils, si vous adhérez aux décisions du concile. — Je connais, répondit Carosius, la foi de Nicée dans laquelle j'ai été baptisé, et je n’en connais point d’autre. Quand le bienheureux Théotime me baptisa à Tomes, il me défendit de croire autre chose !. Quant à ceux-ci, ils sont évêques, — et du doigt il désignait l'assemblée, — ils peuvent nous chasser et nous déposer; qu’ils fassent ce qu'ils voudront. »

Dorothée formula une profession de foi semblable.

1. Saint Théotime était l'apôtre des Huns dans la Scythie.— Fidem trecentorum decem et octo Patrum qui convenerunt apud Nicæam, in qua et baptizatus sum, novi : nam ego aliam fidem nescio. Me sanctus Theotimus in Tomis baptizavit : jussit mihi nihil aliud saperc. Concil., IV, p. 529. |

Barsumas dit en syriaque, et ses paroles furent aussitôt traduites en grec : « Je crois comme les trois cent dix-huit de Nicée; j'ai été baptisé au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, comme le Seigneur l’enseigna aux apôtres eux-mêmes. » Les autres archimandrites et moines s’exprimèrent dans le même sens.

En ce moment, l’archidiacre Aétius s’avança vers Carosius et Dorothée et leur dit : « Le saint concile croit comme les Pères de Nicée; mais, attendu qu'il s’est présenté depuis lors des questions sur lesquelles les saints Pères Cyrille, Célestin et le bienheureux ” Léon ont publié des lettres dans le dessein d'expliquer le symbole, lettres que le concile œcuménique recoit avec respect, obéissez à ce jugement et anathématisez Nestorius et Eutychès. — J'ai mainte fois anathématisé Nestorius, répondit l’archimandrite. — Mais Eutychès, l’anathémaiisez-vous aussi? — Il est écrit, reprit Carosius, ne jugez pas pour n'être point jugé vous-même i, — puis, interpellant l’archidiacre, il lui dit : Les évêques sont là, pourquoi donc parlez-vous *? — Répondez à ce que le saint concile vous demande par ma bouche, interrompit Aétius avec colère; voulez-vous obéir ou non? — Si Eutychès ne croit pas comme l'Église catholique, acheva de dire Carosius, qw’il soit anathème! » On ne put rien tirer autre chose de lui.

Le concile revint à la lettre de Léon, qu'on voulut

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