LIVRE VIII
dée lors de la troisième Action au concile, mais l'assemblée en avait renvoyé l’examen à un autre temps; les légats depuis lors avaient renouvelé la proposition à l'Empereur, espérant obtenir de lui une loi expresse. La flétrissure d’une synode où l'Église de Rome avait été offensée dans la personne du pape et de ses légats tenait fort au cœur des Occidentaux, et faisait partie des instructions du pape Léon; mais Marcien répugnait à rendre à ce sujet une loi qui pouvait réveiller les passions encore mal éteintes dans le . concile et très-vivaces sur plusieurs points de l'Empire.
La concorde en effet se trouvait rétablie, non sans peine, entre les évêques ; une définition avait été unanimement souscrite, lhérésie d'Eutychès était condamnée,; le patriarche Dioscore, déposé, expiait dans l'exil les crimes du faux synode qu’il avait présidé, etses assesseurs n'avaient reçu leur pardon du présent concile qu’en anathématisant les doctrines de l'archevêque d'Alexandrie et celles d'Eutychès; que pouvait-on faire de plus contre un conciliabule dont les conséquences étaient à jamais détruites et les chefs punis ou venus à résipiscence? Reprendre la discussion des doctrines condamnées paraissait un danger véritable aux yeux de ceux qui avaient observé l’hésitation de beaucoup d’évêques dans les débats de la définition. Anatolius lui-même n’avait-il pas prononcé ces étranges paroles : « Dioscore a été déposé non point à cause de ses doctrines, mais pour avoir excommunié l'archevêque de Rome et refusé de faire lire sa lettre. »
La prudence encore conseillait donc, en face de ces
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ferments d'opposition mal éteints, de jeter un voile sur les attentats commis dans le passé. Marcien le crut, et se contenta de rendre une loi qui réhabilitait la mémoire du martyr Flavien ‘ : réhabiliter Flavien, c'était flétrir l'assemblée sous les violences de laquelle il avait perdu la vie. Les légats de leur côté tenaient à une loi de l'Empereur, et non à un décret canonique qui renouvellerait la discussion. Ils parurent donc satisfaits de cetteabolition virtuelle du Brigandage d'Éphèse, qui ressortait des actes et des opinions du présent concile, et la déclarèrent suffisante. On renonça de la sorte à une loi expresse ou à un canon exprès contre une assemblée dont il ne survivait plus rien.
La conséquence de ces actes divers fut le rétablissement dans leurs siéges des évêques de Cyr et de Dorylée, Théodoret et Eusèbe : le pape leur avait déjà rendu le rang d’évêque justement, il est vrai, mais peu canoniquement, comme l'avaient fait remarquer les murmures de beaucoup de membres lors de la première Action; le concile leur rendit leurs évêchés.
On agita la question de Domnus, ancien patriarche d’Antioche, que Dioscore avait fait déposer malgré sa faiblesse, ou, pour mieux dire, sa lâchelé lors de la condamnation de Flavien. Domnus, honteux de luimême, avait couru s'enfermer dans le monastère d'où il était sorti pour monter au siége épiscopal d'Antioche. Il voulait finir obscurément ses jours dans la solitude, et ne réclamait point, comme Eusèbe et Théodoret,