‹ Nestorius et EutychèsChapitre 235 sur 279 · LIVRE VIII · texte numérisé non relu

LIVRE VIII

dant, comme il en est qui, sous ce prétexte, troublent l'Église et l'État, nous avons ordonné que personne ne bâtisse un monastère sans le consentement de l’évêque de sa ville et du propriétaire de la terre. Nous rappelons encore aux moines, tant des villes que de la campagne, qu'ils doivent être soumis à leur évêque, et que leur vie est avant tout une vie de paix, de jeûne et de prière, entièrement étrangère aux affaires de l'État ou de l’Église !. Ils ne pourront en outre recevoir dans leurs monastères des esclaves sans la volonté des maîtres. » Get article était dirigé contre les partisans d’Eutychès, qui fourmillaient dans les retraites monacales sur toute l'étendue de l’Empire.

Le second article défendait aux clercs et aux moines de prendre des terres à ferme ou de se charger des fonctions d’intendant, à moins que l’évêque ne leur confiât le soin des terres de l’Église.

Le troisième enfin interdisait aux clercs de passer d'une Église dans une autre sans la permission de l’évêque de qui ils dépendaient, sous peine d’excommunication contre le clerc et contre l'évêque qui l’aurait reçu.

Ces propositions, remises par le secrétaire consistorial entre les mains du patriarche Anatolius, furent l'objet de quatre canons que le concile vota plus tard en se les appropriant, mais dont l'initiative, comme

4. Eos vero monachos, qui per singulas civitates sunt atque provincias, subjici episcopo, et quietem amplecti, et intendere solum jejunio et orationi, et neque ecclesiasticis, neque publicis importunos rebus existere. Concil., IV, p. 609.

on le voit, appartenait à l'autorité séculière, dans l’intérêt de la police et du bon ordre public.

Avant de lever la séance, l'Empereur déclara qu’en l'honneur de la sainte martyre Euphémie et en mémoire du concile tenu pour la foi à Chalcédoine, il octroyait à cette ville les priviléges de métropole, de nom seulement et honorifiquement, sauf le droit et la dignité de la cité de Nicomédie. Ces paroles furent suivies d’acclamations universelles, dans lesquelles Marcien fut qualifié de prêtre et de pontife, vainqueur dans la guerre, docteur dans la foi. « Chalcédoine, disait-on encore, a mérité le titre de métropole; la décision de l'Empereur est juste, elle est digne de la sainte martyre. Que la sainte te garde, pieux Empereur; mais maintenant renvoie-nous !. — Pas encore, répondit Marcien. Je sais que vous êtes fatigués par vos longs voyages et par vos constants travaux; pourtant restez encore trois ou quatre jours, et en présence de nos magistrats décidez ce qui vous conviendra pour le bien de l'Église ?, ct que personne de vous ne s'éloigne avant la clôture du concile. »

Une des questions générales qui restaient à régler, et la plus importante sans contredit, était l'abolition solennelle du second synode d’Éphèse, de ses actes et même de son nom : Eusèbe de Dorylée l'avait deman-

1. Justum judicium Imperatoris, digne sancta martyre. Hæc sancta te custodiat. Pie Impcrator dimitte nos. Concil., IV, p. 612.

2. Verumtamen sustinete adhuc tres aut quatuor dies, ct præsentibus magnificentissimis nostris judicibus, quæcumque vultis, movete, competens adepturi solatium. Concil., IV, p. 612.

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