‹ Nestorius et EutychèsChapitre 239 sur 279 · LIVRE VIII · texte numérisé non relu

LIVRE VIII

testa toujours cependant qu’il n’avait point consenti et ne consentait point, et il ne parut jamais dans son Église. Sur ces entrefaites, Memnon mourut; Basile, qui le remplaça, releva Bassianus de son siége d'Évase . en y envoyant un autre évêque, mais il ne le releva pas de son ordination forcée, et lui conserva la dignité épiscopale. Bassianus passa quelques années à Éphèse, continuant à faire comme évêque sans Église, ou évêque vacant — c'était l'expression reçue — le bien qu’il faisait auparavant comme simple clerc.

Une lutte d'autorité existait alors entre le clergé d'Éphèse et le patriarche de Constantinople, celui-ci se prétendant le droit d'ordonner les évêques d’Asie, et le clergé revendiquant ce droit pour lui-même, soutenu en cela par les magistrals de la ville, les possesseurs de terres et le peuple, non moins jaloux que le clergé des priviléges électoraux de la cité. Or Basile avait été ordonné par le patriarche de Constantinople Proclus, et son intronisation n'avait pas eu lieu sans troubles graves et effusion de sang. À sa mort, arrivée en 44h, le clergé voulut prendre sa revanche et faire ordonner le successeur avant que le patriarche de Constantinople eût été informé de la vacance. Bassiapus, avec qui il s'était réconcilié, était sous sa main; il le choisit, et plusieurs évêques furent mandés en toute hâte de la province pour procéder à une ordination qui ne souffrait point de retard. Des évêques mandés, il n’en vint qu'un seul, Olympius de Théodosiopolis; les autres s’abstinrent par crainte de se compromettre vis-à-vis du patriarche de Constantinople, dont les

empiétements de juridiction, croissant d'année en année, faisaient trembler tous les évêques sur leurs siéges. Ils se rappelaient en effet la terrible expédition de Jean Chrysostome en Asie, à propos de cette même ville d'Éphèse, quand, usurpant le rôle de grand justicier dans un diocèse qui n'était pas le sien, il avait expulsé quinze évêques d'un seul coup et en avait institué autant d’autres à leur place‘.

Olympius, arrivé à l'appel du clergé éphésien, attendit vainement pendant trois jours les collègues qui devaient l’assister, .et, fatigué d'attendre, se disposait à repartir, lorsqu'un soir il voit son logis cerné par une troupe considérable de gens, la plupart armés, et que dirigeait, l'épée à la main, un officier nommé Holosericus. Sur l’ordre de cet officier, on force la maison, on s'empare d'Olympius, et à la lueur des flambeaux on le conduit ou plutôt on l'emporte jusqu’à la basilique, occupée par une troupe non moins considérable et non moins tumultueuse ?. Bassianus s’y trouvait installé déjà sur le trône de l’évêque. Comment y était-il venu ? Il alléguait une violence faite à sa volonté par le clergé et le peuple; mais une enquête faite ultérieurement ne justifia guère cette assertion. Placé à son côté et sommé par la foule de lui imposer les mains, Olympius eut beau protester de lirrégularité d’une

4. Consulter à ce sujet le volume de mes Récits qui a pour titre: Saint Jean Chrysostome et l'impératrice Eudoæie, 1. II.

. 2. Circumdedit mansionem, in qua eram, innumera multitudo : et nescivi ubi essem et coram tanta potestate, ct coram altari, quidam enudans gladium, Holosericus nomine venit et ipse et omnis multitudo, et portantes me, profecti sunt in ecclesiam. Concil., IV, p. 693.

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