LIVRE IX
déclarèrent qu'ils ne pouvaient considérer le trône épiscopal comme vacant tant que Dioscore vivrait, et que par conséquent ils ne devaient procéder à aucune élection pour le remplacer. Dioscore, en effet, malgré ses vices personnels et sa tyrannie, était à leurs yeux l'évêque légitime auquel Alexandrie et l'Égypte restaient d’autant plus dévouées qu’il semblait un martyr des doctrines traditionnelles de son Église !.
Cette première tentative ayant échoué, le préfet prit mieux ses mesures pour une seconde, décidé cette fois à respecter moins religieusement la coutume et les droits électoraux des habitants. D'accord avec quelques notables et quelques clercs influents, il réunit, un jour donné, une assemblée électorale entièrement à sa discrétion; on produisit devant elle un candidat qu’elle nomma, et que les quatre évêques intronisèrent. Ce fut l’œuvre d’un instant. Le candidat était un vieillard nommé Protérius, archiprêtre de l’Église, et qui en avait géré les affaires pendant l'absence de Dioscore. Ces fonctions lui avaient valu sinon l’amour du moins le bon vouloir des membres du clergé avec lesquels elles le mettaient personnellement en rapport; aussi ne s’éleva-t-il de leurs rangs aucune protestation violente. Protérius était d’ailleurs un homme digne d’estime et un zélé catholique. }
La surprise avait donc bien réussi jusque-là en mettant les opposants en défaut; mais à peine Protérius avait-il reçu l'imposition des mains et coiffé cette