LIVRE IX
qua précipitamment à Constantinople 2,000 hommes de nouvelles recrues, et leur traversée s'opéra par un vent si favorable qu'en six jours, nous dit l'histoire, cette troupe atteignit le port d'Alexandrie; toutefois cetteaugmentation deforce n’amena qu'une augmentation de désordres. Ces nouveaux soldats, rudes et encore mal façonnés à la discipline, se conduisirentenvers les Alexandrins avec la dernière brutalité. Ils outragèrent les femmes et les filles, et commirent en un mot tous les excès d’une soldatesque sans frein ‘. Tout le monde alors se souleva, et la guerre devint terrible. Elle céda enfin aux procédés conciliants d'un nouveau gouverneur envoyé pour remplacer l'ancien. Florus, tel était son nom, promit de faire lever l'interdit qui pesait sur Alexandrie, et, par des concessions prudemment ménagées, obtint le rétablissement de la paix.
Ce fut un désarmement politique, mais non une pacification religieuse. Protérius eut besoin de sévir contre son clergé, ses moines et ses suffragants, dont il déposa les plus mutins : les moines surtout, opposants obstinés, éprouvèrent ses rigueurs. La haine que lui portaient les eutychiens menaçant à chaque instant sa vie, le préfet lui donna une garde personnelle, et l’on put voir dans le second siége de l'Orient célébrer les saints mystères sous la protection de soldats bien souvent ariens ou païens*.
4. Deinde cum milites petulantius illuderent uxoribus et filiabus Alexandrinorum, multo grayiora quam antebac perpetrata esse. Evagr., Il, 5.