‹ Nestorius et EutychèsChapitre 49 sur 279 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

plus hautain, de plus humiliant, que cette lettre d’un prince au second patriarche de son Empire. Il lui prodigue les termes de brouillon et de fourbe cherchant à régner par la division, d'homme superbe et violent ne connaissant que la force et les entreprises criminelles pour faire triompher ses opinions : « étrange moyen de servir la vérité! usurpateur des pouvoirs publics, pourquoi t’arroger ce droit de décider — droit qui est le domaine de tous? la vraie doctrine a moiris à gagner aux emportements de l’audace qu’à la raison calme et au respect des règles » ; « mais, ajoute l'Empereur, la tranquillité de l'Église nous est chère, sois-en bien sûr, et sache bien aussi que c'est à toi que nous attribuons les perturbations qui nous affligent!. »

1! continue en ces termes : « Comment d'ailleurs nous étonner de te voir accaparer pour toi seul ce qui appartient au corps entier des évêques? N’as-tu point porté ton humeur inquiète et ton insolente curiosité jusque dans la demeure de tes souverains, pour tâcher d'y semer la discorde entre un frère et une sœur? Si tu n’avais cru qu'il existât entre eux quelque dissentiment propre à étre envenimé, si tu n'avais conçu l'espoir d’en faire naître, pourquoi, je te le demande, aurais-tu écrit séparément d’un côté à nous et à notre très-religieuse compagne l’impératrice

4. Verum curæ nobis erit ecclesiæ tranquillitas. Scito interim, magnam abs te rerum perturbationem excitatam esse. Concil., II, p. 433.

Eudocie, de l’autre à notre très-pieuse sœur Pulchérie Augusta, dont on sail le zèle ardent pour la foi!?

« Que si par hasard quelque mésintelligence avait existé entre nous, si nous avions été aigris les uns contre les autres, comme tu le supposais, quelle réprobation n’encourrait pas celui qui, éloigné de nous par un si grand intervalle de pays, serait venu scruter indiscrètement des choses qui ne le regardent pas? Que si, au contraire, rien de pareil n'existe, est-ce le fait d'un prêtre de se faire agent de discordes domestiques? ? L'indice de cet esprit turbulent, de ce zèle coupable qui t'anime, nous le retrouvons dans tes efforts pour brouiller l’Église, de même que tu voulais brouiller le palais de tes princes; diviser est en effet ta plus chère ambition, et tu y places tout ton orgueil.

: « Maintenant ne te dissimule pas que tes manœuvres échoueront : l’Église et l'Empire resteront unis, le Christ, notre Sauveur, aidant, et notre autorité ne cessant point d'agir pour la paix, Toutefois nous te pardonnons afin que tu n’ailles pas prétendre, vu les reproches particuliers que tu mérites de nous, que l’on te persécute à cause des livres où tu crois défendre la vérité. Ces livres, je laisse au concile le soin de les juger; mais je ferai exécuter strictement ce qu’il aura

4. Nam nisi aliquod inter nos dissidium esse putasses, aut certe aliquid ejusmodi ex litteris tuis oriturum sperasses; cur obsecro, alia privatim ad nos, et ad Eudociam religiosissimam conjugem meam, alia vero ad Pulchoriam sororem meam Augustam, eamdemque pietatis studiosissimam perscripsisses? Concil., III, p. 433.

2. Si id autem inter nos non existit, conari ut existat, cujusvis potius, quam sacerdotis fuerit. Concil., III, p. 433.

Page 1