‹ Nestorius et EutychèsChapitre 50 sur 279 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

résolu. Tu feras sagement de ton côté en te soumettant à ce jugement, si tu ne veux y être contraint, et en te rendant au concile dans le délai fixé par la lettre de convocation. Ce sera le moyen de regagner ma faveur et de prouver que les actes acerbes et inconsidérés par lesquels tu as voulu soutenir ton opinion n'étaient pas le fruit d’une animosité personnelle. Montre-nous que de ton plein gré tu es décidé à te soumettre à la loi, et pense que, s’il en était autrement, je ne le souffrirais pas". »

On voit par ces derniers mots, rapprochés de la lettre de Nestorius au pape, que Théodose considérait Cyrille comme un accusé. Le patriarche allait avoir à répondre non-seulement de ses doctrines, mais encore de ses actes récents et de cette manie de tout faire, de tout juger, de lancer enfin de son autorité privée sur ses collègues les évêques des dépositions et des excommunications, dont le droit appartient seulement aux assemblées. On trouve encore dans l’épître impériale une allusion aux accusations de Sophronas et des autres plaignants égyptiens.

L'Empereur n'était pas le seul à porter ce dur jugement sur Cyrille; les amis mêmes de l’archevêque, ses prétresles plus affectionnés, appréhendaient le rôle qu’il allait jouer dans les événements du concile. Un saint homme qui laimait beaucoup, célèbre alors par sa droiture de cœur et par l'élévation de son esprit,

4. Neque enim nos, si secus facere volueris, sustinebimus. Concil., III, p. 436.

Isidore de Péluse, lui écrivait à ce sujet : « La prévention ne voit clair qu’à moitié, et l’aversion est aveugle, évite-les; examine toutes choses des yeux de la justice avant de condamner autrui. On te reproche de vouloir venger tes inimitiés particulières plutôt que les maux de l'Église. J'entends répéter de divers côtés : « Cyrille « est neveu de Théophile; il imite la conduite de son « oncle, le persécuteur acharné de Chrysostome, et « cherche comme lui sa gloire dans les disputes. » — «Je te conjure donc, comme ton père par l’âge et ton fils par la dignité, d'assoupir les divisions et les querelles, et de ne pas reporter sur le corps immortel de l’Église la peine des injures qu'ont pu te faire des hommes mortels '. » Dans la prévision des tempêtes qu’il redoutait, cet homme de paix écrivit également à l'Empereur, le suppliant d’assister en personne au concile, « où sa présence empécherait qu’une assemblée d'évêques ne devint, par le déchaînement des passions ardentes, un objet de risée pour les païens ». Théodose ne put le faire, et la prophétie s'accomplit. Cyrille, avant de partir, voulut, en qualité de vicaire du pape, le consulter sur la conduite à tenir envers Nestorius, si l’hérésiarque, confessant son erreur, demandait pardon au concile. Son avis à lui était qu’il ne fallait faire aucun cas d’une rétractation forcée, et considérer Nestorius comme condamné, puisqu'il n'avait pas satisfait dans le délai de dix jours à la sommation signifiée à Constantinople. Célestin repoussa

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