LIVRE Il
comme Dieu — qu’il soit anathème!!... » D’autres articles appuyaient également sur l'expression de « chair propre du Verbe? » ; le troisième semblait même confondre les deux natures après l’Incarnation en leur attribuant «une union réelle et naturelle* ». Ces expressions, rapprochées d’une phrase fameuse de Cyrille : « une seule nature du Verbe incarné » — phrase dont Eutychès devait s’'armer bientôt, — pouvaient faire croire que les anathématismes n'étaient en plusieurs de leurs parties qu’un programme apollinariste, inclinant vers la passivité de Dieu, l'existence en Jésus d’une nature humaine particulière, non consubstantielle aux hommes, enfin vers la confusion des deux natures en une seule. Nous verrons en effet que ces termes obscurs et embarrassés, s'ils n'étaient pas hérétiques, devinrent l’occasion d’un schisme du vivant de Cyrille, et furent condamnés plus d’une fois après sa mort.
Jean, pour le moment, ne songea qu'aux nécessités de son Eglise, il crut qu'il était de son devoir de dénoncer au prochain concile les dangereuses tendances de Cyrille; mais ne se fiant pas à ses seules lumières dans une affaire aussi grave, il appela près de lui les plus forts théologiens de sa province pour examiner la question en synode et arrêter de
4. Si quis non confitetur, Dei Verbum secundum carnem passuni, secundum carnem crucifixum, mortemque secundum carnem gustasse, et primogenitum tandem ex mortuis factum esse, quatenus vidu:.cct vita est, et vivificum ut Deus : anathema sit. Concil., IL, p. 409.