‹ Nestorius et EutychèsChapitre 57 sur 279 · LIVRE Il · texte numérisé non relu

LIVRE Il

paru depuis que l’épiscopat était devenu un moyen de dominer, de s'enrichir et de capter la faveur des princes. Dans sa vie comme dans son caractère, il était exactement l’opposé de Cyrille, qu'il égalait d’ailleurs par la science. Théodoret appartenait à une des familles d’Antioche les plus opulentes. Élevé dans le luxe et les plaisirs, près d’une mère élégante et mondaine, il avait nourri depuis son enfance deux passions, celle de la solitude et celle de la pauvreté. Dès qu’il fut libre, il s’y livra sans réserve. Ayant vendu son patrimoine, dont il distribua une moitié aux pauvres d’Antioche, il courut avec l’autre s’enterrer dans la partie la plus sauvage de la Syrie euphratésienne, non loin du fleuve Marsyas, dans une forût voisine de Cyr’. Il y composa son Histoire ecclésiastique, qui à fait sa renommée dans la postérité, el des traités théologiques qui le rendirent plus célèbre chez ses contemporains.

La petite ville de Cyr, sur le territoire de laquelle il s'était établi, réduite par le malheur des temps à l'état d’un gros bourg, manquait de tout ce qui constituait chez les anciens l'existence municipale. Théodoret employa le reste de sa fortune à lui donner tout cela. Elle n'avait pas d’eau dans ses fontaines ruinées, il en fit venir à grands frais. Le fleuve Marsyas l’inondait chaque année par ses crues, il fit construire des digues pour le contenir et des ponts pour le traverser. Les habitants ne savaient où se réunir, ni en

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