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Theodor., Ep

84 NESTORIUS ET EUTYCHÈÉS.

plein air, ni sous un toit : il leur bâtit un forum entouré de portiques; leur église tombait de vétusté, il leur en fit élever une autre à ses fraist.

Après avoir ainsi payé sa bienvenue à la ville de Cyr, le nouveau citoyen se trouva aussi pauvre que les anciens. « Je n’ai plus rien, écrivait-il gaîment à un ami, ni une maison, ni un tombeau; les habits qui me couvrent composent à eux seuls tout mon bien. » La ville le récompensa en le nommant son évêque. Dans cette position, qu'il accepta malgré lui, il se montra aussi désintéressé, aussi bienfaisant qu'auparavant. La conversion des hérétiques devint une de ses plus chères occupations. Le pays — frontière de la Syrie et de la Perse contenait une multitude innombrable de gens appartenant à toutes les hérésies — bannis des persécutions religieuses, se faisant Persans ou Romains suivant que la tolérance régnait ou ne régnait pas dans l'Empire. On eût dit une nation, mélange de toutes les croyances, de toutes les races, de toutes les misères humaines. Théodoret se rendit au milieu d'elle, et la ramena en partie à la foi. Quand il venait à Antioche pour les besoins de son diocèse, la population le guettait et l'entraînait à l’église, où on le forcait de prêcher. Dans cette ville de rhéteurs, amoureuse des périodes fleuries et du langage abondant, sa parole sévère et concise remuait tous les cœurs: plusieurs fois le patriarche, présent à ces homélies, se leva pour donner lui-même le signal des applaudisse-

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