LIVRE Il
œcuménique siégeant à Éphèse! », arrêta ces trois points :
1° Cyrille serait déposé de l'archevêéché d’Alexandrie, tant pour sa conduite dans Éphèse que pour ses anathématismes, qui renfermaient le venin des hérésies d’Apollinaire, d'Eunomius et des Ariens; il serait de plus frappé d’excommunication, non-seulement comme hérétique, mais comme hérésiarque, en ce qu'il avait entraîné beaucoup d’évêques dans son erreur, et qu'il les avait en outre détournés de leurs devoirs canoniques; °
2° Memnon serait déposé de l’exarchat d’Éphèse, tant pour les violences exercées par lui contre des évêques à propos du concile que pour sa détestable administration et sa iyrannie envers ses subordonnés”;
3° Les évêques qui s'étaient laissé induire à siéger dans l’assemblée illégitime seraient séparés de la communion, mais jusqu’à résipiscence, le pardon pouvant leur être accordé, s'ils venaient se joindre aux Orientaux pour aviser aux besoins de la foi et prononcer l’anathème contre les anathématismes de Cyrille.
Ces propositions furent adoptées d’une commune voix; en conséquence le synode déclara les actes du
4. Sancta synodus..... in Ephesiorum civitate congregata. Concil., HI, p. 598.
2. Ideo tu Cyrille Alexandrine, et tu Memnon hujus civitatis episcope, scitote vos depositos, et ab episcopatu alienos, atque ab omni ecclesiastico ministerio et functione esse amotos; ut qui in causa fuistis, ut patrum canones conculcarentur, et Imperatorum decreta contemnerentur, omniaque confusione et turbis miscerentur, ac totius sceleris auctores et duces extitistis. Concil., III, p. 598.
faux concile rescindés, et la condamnation de Nestorius annulée comme rendue incompétemment par une assemblée qui n’avait pas droit de juger. Nestorius lui-même fut rétabli dans son titre et son rang d'évéque, restant d’ailleurs évêque accusé, jusqu'à ce qu’un concile véritable eût prononcé sur son sort.
La sentence fut accueillie par les cris répétés de : « cela est bien, cela est juste! » Jean appuya sur l'excommunication de Cyrille. « 11 fallait, disait-il, frapper non pas seulement son hérésie, mais ses ruses, ses corruptions, ses mensonges, qui avaient amené les membres de son assemblée à recevoir sans opposition le blasphème de ses anathématismes!. »
Quand les évêques eurent signé, on dépêcha vers Antioche le procès-verbal de la séance et le décret des pères, afin d'y recueillir des signatures qui, jointes aux premières, représentèrent plus de deux cents adhérents. Séance tenante, l’infatigable patriarche fit signifier l'arrêt de son concile à l’assemblée réunie dans l’église de Sainte-Marie ; puis il écrivit aux magistrats d'Éphèse que Memnon, l’indigne évêque, était déposé canoniquement, et qu'ils eussent à convoquer les électeurs pour son remplacement immédiat. Tout cela se fit sans désemparer : cette seconde assemblée ne montrait pas une activité moins fébrile que la première.
Celle-ci, dans le même moment, présentait le spectacle de Flagitation la plus tumultueuse. Elle