‹ Nestorius et EutychèsChapitre 80 sur 279 · Proposito sancta Evangilio. Concil., III, p · texte numérisé non relu

Proposito sancta Evangilio. Concil., III, p

3. Plagasque sibi impositas ostendentes, et quæ acciderant exponentes, ad commentariorum actionem sanctam synodum ad indignationem commoverunt. Concil., III, p. 763

cation fut libellée séance tenante, et Memnon, homme fougueux entre tous, eut mission de rédiger un rapport destiné à l'Empereur, et qu’il remplit des plus injurieuses personnalités contre les officiers du prince. Cyrille, sans perdre de temps, fit signifier au logis de Jean d’Antioche la sentence qui le frappait, lui et les siens, de sorte que ce décret put se croiser en route avec celui qui excommuniait les cyrilliens. C'était la double déclaration d’une guerre sans quartier, une haine sacerdotale inextinguible et un schisme.

Ainsi, au lieu d’un concile, la ville d'Éphèse en eut deux, s'anathématisant l’un l’autre et se prétendant tous deux le seul concile œcuménique légal, sans compter quelques fidèles amis de Nestorius, qui formaient autour de lui comme un troisième synode, celui-là très-petit et tendant à s’amoindrir de jour en jour. Les officiers imipériaux appuyaient le concile de Jean : Éphèse soutenait celui de Cyrille.

Des placards contenant les dépositions et excommunications fulminées par chaque parti étaient affichés dans tous les carrefours : on en trouvait jusque sur les murs du théâtre, car la pieuse ville d'Éphèse, ainsi que toutes les villes d'Asie, était folle de spectacles et de courses de chevaux. Les pancartes rédigées par les Orientaux étaient outrageusement déchirées, tandis qu’on respectait celles de Cyrille. Les électeurs que Jean d’Antioche avait invités à se réunir pour remplacer Memnon ne donnaient aucun signe de vie; l'évêque déposé off-

{| ciait avec plus d'éclat que jamais dans ses églises au milieu de ses collègues cyrilliens excommuniés comme lui!, et le peuple accourait à des offices en: tendre des prédications pleines d’invectives et de menaces.

Pendant ce temps, l'accès des mêmes églises était fermé aux Orientaux *, et les auteurs de ces menées se faisaient un jeu des mystères sacrés. Bientôt ce furent des appels à la guerre civile et au massacre. Les maisons où demeuraient les Orientaux furent marquées de signes particuliers comme pour quelque coup de main; tantôt on menaçait de les affamer, tantôt on les tenait bloqués chez eux pour les empêcher de se réunir, et leurs malades mêmes n'avaient pas la liberté d’aller respirer l'air du dehors*. Pour mettre fin à ces indignités tolérées ou commandées par les magistrats, les officiers impériaux demandèrent de nouvelles troupes afin de contenir la populace; Cyrille alors làcha par la ville sa milice de mariniers, de valets de bains, de parabolans, et des conflits journaliers eurent lieu entre les Égyptiens et les soldats: le sang coula dans les rues. Nestorius, dont la vie fut plus d’une fois en danger, prit à sa solde des gens de

4. Quippe excommunicati cum essent, communionem temere attentarunt, et cum depositis, et etiam ante ridiculam jillam absolutionem, contra jura communicaverunt. Concil., IIN, p. 699.

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