‹ Nestorius et EutychèsChapitre 99 sur 279 · LIVRE III · texte numérisé non relu

LIVRE III

ne fléchit point sous ce dernier coup que lui portait la main d’un ami; il répondit qu’ « à ses yeux c'était un grand honneur d’être déposé pour la foi, qu'il avait néanmoins une grâce à solliciter de l'Empereur : c'était que le religieux prince daignât condamner par une lettre publique les dangereuses propositions de Cyrille, et que cette lettre fût lue dans toutes les villes de l'Empire. Nestorius alors partirait satisfait, il aurait rempli son suprême devoir envers l’Église !. »

Tandis que l’ancien patriarche de Constantinople recevait dans cette forme la liberté de l'exil, Cyrille était toujours en prison, et si étroitement gardé que des soldats couchaïent en travers devant la porte de sa chambre?. Quant à Memnon, l'histoire ne nous en dit plus rien, et ce triste personnage ne mérite guère qu’on parle de lui.

L'Empereur avait d'abord désigné Constantinople pour l'endroit de la conférence; puis, sur quelques signes de fermentation, soit dans le clergé, soit parmi les moines, il l'avait transféré à Chalcédoine, que l’on considérait comme un faubourg de la métropole, bien que sous la juridiction d’un autre évêque. Chalcédoine possédait d’ailleurs un superbe local pour l'installation de la cour et la tenue de la conférence, cette villa rufinienne, doublement célèbre en Orient comme fruit des déprédations de Rufin, ministre favori du

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