‹ Nestorius et EutychèsChapitre 98 sur 279 · LIVRE III · texte numérisé non relu

LIVRE III

Le mandat était impératif, et, s’il n’était pas suivi de point en point, l'assemblée déclarait désavouer ses représentants et les retrancher même de sa communion!.

Le mandat des Orientaux était plus large et plus libéral ; il laissait aux députés toute latitude pour agir ou prendre tels engagements qu’ils jugeraient convenables soit devant l'Empereur, soit dans le consistoire, dans le sénat ou ailleurs, avec promesse par l’assemblée de ratifier ce qui aurait été fait, et de souscrire toute convention synodalement. Une seule exception était posée à la plénitude de leurs pouvoirs : il leur était interdit de recevoir les anathématismes; c'était une matière de foi qui ne donnait point lieu à transaction ?.

À chacun des deux mandats était jointe une lettre à l'Empereur. Celle des Orientaux conjurait le prince par tout ce qu’il y a de plus saint au monde de porter son attention sur les anathématismes, dont ils le faisaient juge, et d’obliger le parti adverse à les discuter avec eux en sa présence et par écrit — deux doctrines contradictoires ne pouvant être tolérées dans la foi. La lettre des cyrilliens se bornaïit à demander la

4 Scire quoque volumus vestram sanctitatem, quod si quid eorum a vobis fuerit neglectum, neque sancta synodus acta vestra rata habebit, neque vos ad communionem suam admittet. Concil., II, p. 782.

2, Dum illud certum sit, nempe capita una cum anathematismis, quæ a Cyrillo Alexandrino ad fidem patrum qui Nicææ convenerunt, adjecta sunt, tamquam hæretica, et a catholica et apostolica ecclesia aliena, esse modis omnibus rejicienda. Concil., III, p. 726.

délivrance de leurs chefs et la permission pour euxmêmes de retourner dans leurs Églises, dont ils étaient privés depuis trop longtemps. Comme pour bien accuser la division des partis, les deux députations se mirent en route par des voies différentes les cyrilliens prirent Ja route de mer, tandis que les Orientaux suivaient celle de terre, la plus longue de beaucoup, et perdaient même en chemin un de leurs compagnons, Himérius de Nicomédie, que la fatigue du voyage forçait de s’arréter dans sa ville épiscopale. Lorsqu'ils arrivèrent au rendez-vous, ils trouvèrent les cyrilliens maîtres de la place.

Nestorius cependant, toujours gardé à vue dans Éphèse, recevait de son ancien ami le préfet du prétoire Antiochus un billet que nous avons encore‘. Antiochus lui disait que l'Empereur, prenant en considération le désir manifesté par l'archevêque d'aller vivre dans la solitude, l’autorisait à quitter Éphèse : afin de lui épargner dans le voyage tout désagrément et tout souci, on lui donnait des gardes pour le servir; il pouvait choisir lui-même le lieu de sa retraite et la route qu’il lui plairait de suivre, les transports de l’État et les mansions publiques étant mis à sa disposition. Nestorius comprit fort bien que c'était un arrêt d’exil, et il désigna le monastère d'Euprèpe ?, où s'étaient écoulés les premiers temps de sa vocation religieuse.

Tombé de si haut et si soudainement, l’archevêque

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