LA VIE DE NESTORIUS
La vie de Nestorius nous est connue d’abord par ses propres écrits, c'est-à-dire par quelques-unes de ses lettres et par le Livre d'Héraclide, puis par les Actes du Concile d'Ephèse, auxquels il faut joindre le recueil connu sous le nom de Synodicon Cassinense, par les Histoires de Socrate et d'Evagre, et par un chapitre des Fables hérétiques de Théodoret !. À ces sources principales il faut joindre certains récits entremêlés de légendes dus à la plume d’auteurs nestoriens ou jacobites, dont la véracité est souvent sujette à caution 3.
1. Le Synodicon, auquel Baluze donna le titre bizarre de Synodicon adversus Tragoediam Irenaei, fut d’abord publié par Christian Wolf, à Louvain, en 1682, sous le titre : Ad Ephesinum concilium variorum Patrum epistolae, ex ms. Cassinen sis bibliothecae codice desumptae, item ex Vaticanae biblioth. ms. Mansi l’a repro duit dans sa Collection des conciles, t. V, col. 733-1022. On le trouve aussi dans Migne. Ρ. G., t. LXXXIV. Socrate, lib. VII, cap. xxix-xxxiv, e. G., t. LXVIL, col. 801-817. Evagre, lib. 1, cap. r1-vrr. Ρ. G., t. LXXXVI2, col. 2423-2444. Théodoret, Haeretic. fabul. compendium, lib. IV, cap. xu. Ρ. α., t. LXXXIIL, col. 431-436, Liberatus, Breviarium causae nestorianorum et eutychian., Ρ. 1. t. LXVIIT, col. 974 sq., ne fait guère que copier Socrate.
2, Ge sont : 10 La leltre écrile de Constantinople à Cosme d’Antioche, sur la déposition et les miracles de Nestorius. Cette lettre, composée en grec, probablement après 435, interpolée en grec, après 458, nous est parvenue en version syriaque dans sa dernière rédaction. M. Nau l’a traduite du syriaque en français et l’a jointe à sa traduction du Livre d’Héraclide, p. 362-366 ; 20 La lettre de Philoxène de Mabboug à Abou-Niphir, publiée par M. Tixeront dans la Revue de l’Orient chrélien, ὃ. VII (1903), p. 624-630. Cette lettre est sûrement apocryphe. Elle fait de Théodore de Mopsueste le condisciple de Nestorius dans les écoles d'Athènes ; 30 La légende syriaque de Nestorius, publiée et traduite en français par M. Brière, dans la Revue de l’Crient chrétien, t. XV (1910), p. 1-25 ; 40 La notice contenue dans le Traité contre les Nestoriens de Denys bar Salibi, qui fut évêque de Germanicie. M. Nau en ἃ publié une analyse très détaillée dans la Revue de l’Orient chrétien, t. XIV (1910), p. 298-320 ; 5° La lettre aux moines de Senoun, de Philoxène de Mabboug, dont M. Nau, le Livre d’Héraclide, Ὁ. 370-373, donne de larges extraits ; 60 Les plérophories de Jean, évêque de Maïouma, traduction française de M. Nau, Paris, 1899, cap. xxxut, p. 39-40. Plusieurs auteurs jacobites racontent chacun à leur manière les derniers moments de Nestorius. Dans l’Introduction au Livre d’Héraclide, M. Nau a esquissé une notice biographique de l’hérésiarque