L'ARIANISME
lorsqu'il attaque la doctrine de l’union hypostatique, qu'il n'arrive pas à bien saisir, et qu'il défigure à plaisir, il raisonne en général assez bien. Il examine l'erreur sous toutes ses faces et excelle à en montrer le côté absurde. Il re rous donne point du reste un catalogue complet des anciennes hérésies ayant trait directement ou indirectement à la personne du Christ!. Après avoir indiqué en quelques mots l’idée que les païens οἱ les juifs se font du Christ, il nomme les manichéens, qui nient la réalité de l'Incarnation οἱ ne voient dans la nature humaine du Christ qu'une apparence *. Des Sabelliens il est dit « qu'ils n’admettent que le nom de Dieu le Verbe, qui est uniquement ce préceple : Dixil el factum est. 115 font de même du Père et du Saint Esprit une simple appellation; en un mot, ils se rapprochent des juifs plus que des chrétiens 3. »
$ I. — L'arianisme.
L'hérésie arienne est ainsi décrite :
« Les ariens font du Christ un demi-dieu etun demi-homme avec un corps sans âme et une divinité créée. Ils le font inférieur aux hommes lorsqu'ils disent qu'il n'a pas d'âme, et ils le font inférieur à Dieu lorsqu'ils disent qu'il n’est pas incréé ni indépendant... Ils mêlent ses propriétés divines aux propriétés humaines. En disant que son union avec la chair a abouti à une seule nature, ils font dépendre (par le fait même) son incarnation, non de sa libre détermination, mais d'un ordre (imposé par Dieu) *.
» D’après eux, le Christ s'incarna naturellement dans la chair pour agir et souffrir, et il soulfrit naturellement toutes les souffrances naturelles du corps. Par nature il était impassible et, par l'incarnation en une seule nature, passible ; de mème que l'âme qui, par sa nature, ne souffre pas les
1. Il y a des lacunes dans le manuscrit syriaque sur celte question des hérésies, Le Livre d’Héraclide, p. 7.