NESTORIUS ET LES HÉRÉSIES CHRISTOLOGIQUES
La première partie du Livre d’Héraclide est consacrée à l'examen et à la réfutation des principales hérésies chrislologiques qui avaient paru avant Nestorius ou qui se produisirent de son vivant. Une courte préface nous apprend le motif qui ἃ déterminé l’auteur à commencer par là son ouvrage :
«Celui qui veut rechercher la vérité en toute diligence ne doit pas composer son discours avec des idées préconçues, mais commencer par produire tout ce qui est opposé à la vérité et le discuter. Ainsi, c’est en comparant l’un avec l’autre que ceux qui connaissaient l’or montrent la différence qu’il y a entre l’or pur et celui qui ne l’est pas... Beaucoup en effet choisissent le mal à la place du bien, le mensonge à la place de la vérité, parce que les deux choses leur sont égales et qu'ils préfèrent lutter entre eux et vaincre, plutôt que d'établir la vérité. Comme diverses opinions se sont produites sur le Christ, et qu’on discute même sur son nom, il nous semble bon d’exposer d'abord l’opinion de chacune des hérésies relatives au Christ, afin que la véritable foi soit connue par la comparaison avec les hérésies et que nous évitions de tomber dans les unes ou dans les autres, comme ceux qui ne voient pas {.»
La méthode qui consiste à passer en revue les diverses erreurs relatives à un même dogme de foi, pour mieux mettre en relief la vérité révélée, est excellente. Nestorius la pratique assez bien dans cetle première partie de son ouvrage. Sauf
1. Le Livre d’Héraclide, p. 5. L'examen que fait Nestorius des hérésies christologiques est à rapprocher de celui de saint Cyrille dans le De recta fide ad Theodosium. Ῥ. @., t. LXXVI, col. 1140 sq.