‹ Nestorius et la controverse nestorienneChapitre 119 sur 197 · Mansi, t. V, nol · texte numérisé non relu

Mansi, t. V, nol

3. Saint Hilaire de Poitiers, De Trinitate, lib. X, 50. P, L., t. X, col. 383, connait des hérétiques qui ::« aut defecisse omnino Deum Verbum in animam corporis volunt, ut non idem fuerit Jesus Christus hominis filius, qui et Dei Filius ; et aut de se defecerit Deus Verbum, dum corpus officio animae vivificat. Il y a peut-être quelque parenté entre ces hérétiques et ceux dont parle Nestorius. Le premier synode de Sirmium, en 351, condamne « ceux qui comprennent les paroles : Verbum caro factum est » en ce sens que le Verbe aurait été transformé en chair, ou bien disent qu’en prenant la chair il a subi un changement ». ἤλην, Bibliothek der Symbole uud Glaubensregeln der alten Kirche, 3e édit. Breslau, 1897, p. 197-198. Il est probable que nos hérétiques sont ici visés. Saint Ambroise, De Incarnatione, Go, attribue aux Apollinaristes la doctrine condamnée par le synode de Sirmium. La mème accusation est portée par saint Cyrille d'Alexandrie contre les Synousiastes, ou Apollinaristes rigices, p. G., t. LXXVI, col. 1140. G. Voisin, L’Apolli. narisme, Louvain 1901, déclare que cette accusation porte à faux, p. 344-345 (Cf., Ρ. 13, 121, 342), mais il ajoute, p. 347, que certains Apollinaristes admettaient les théories condamnées par les Pères. La théorie de la métamorphose ou de la condensation du Verbe en chair a été attribuée à Eutychès, et certains Eutychianistes, qui reçurent le nom de Phantasiastes, la soutinrent réellement. Le Pseudo- Zacharie le Rhéteur écrit au sujet d'Eutychès : « Il enseignait que le Verbe s’est fait chair comme l'air se solidifie par le vent et devient pluie ou neige, ou comme l’eau devient glace par l’action de l’air glacial. » Sévère connaît aussi des Eutychianistes qui pensent que le Verbe s'est matérialisé, comme l’eau se solidifie en glace. LEBON, op. cil., p. 495-497.

LE MONOPHYSISME A REBOURS 205

tout comme Dieu ; il faisait aussi en vérité les opérations de la chair; il souffrait comme la chair... Il eut faim, il eut soif, il fut fatigué, il souffrit et il fut crucifié en vérité, parce qu'il était chair en vérité. C’est ainsi que l’eau, qui ne peut être brisée (dans son élat ordinaire), l'est cependant en vérité, lorsqu'elle est congelée, et elle revêt réellement les propriétés de la nature qu'elle est devenue. Ainsi, que dès Dieu est devenu chair en réalité, il a supporté réellement les affections de la nature qu'il a prise, sans abandonner en rien sa propre nature. »

Ce n'est pas seulement une fois que Dieu s'est métamorphosé. Il ἃ aussi apparu en vérité dans une nature visible aux patriarches et aux saints de l'Ancien Testament: «Il marchait dans celui qui marchait, parlait dans celui qui parlait, mangeait et buvait dans celui qui mangeait et buvait ; car Dieu ne fait rien pour tromper, mais il fait tout en vérité. Il est en effet le Créateur, et le Créateur ne fait rien par apparence et illusion ?. »

Ces anciennes théophanies ne constituent pas cependant autant d'incarnations. Les hérétiques réservent ce nom d'incarnation à l’apparilion de Dieu à tous les hommes, et non à Lel ou tel personnage en particulier, comme à Abraham et à Jacob}, Ils justifient leur système, en disant que si Dieu s'était uni à une nature humaine prise hors de la divinité, il y aurait eu addition à la Trinité d'une essence étrangère :

« Si l'Incarnation n'a pas eu lieu de celte manière, mais si elle s'est produite dans une nature humaine différente (de Dieu) et non par le moyen de la seule essence divine, comment la Trinité ne reçoit-elle pas une addition dans sa nature, puisqu'elle ἃ pris l'essence d’un autre?»

Comment expliquer que Dieu, en devenant chair, n’a pas perdu sa nature? Voici la réponse :

«ἢ n’y a pas deux essences, mais la mème essence divine qui est devenue aussi l'essence de la chair ; c’est pourquoi il

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