LE PÉCHÉ ORIGINEL
De ce passage, le P. Garnier concluait que Nestorius faisait consister la vie surnaturelle de l’âme non dans la charité mais dans la science, et qu'il ne voyait dans la grâce méritée par le Christ que la loi évangélique et une illumination de l'intelligence, à l'exclusion de la grâce sanctifiante proprement dite et des inspirations s'adressant à la volonté : toutes doctrines qui contiennent le plus pur pélagianisme!. Pour attribuer aux paroles de Nestorius une pareille signification, il faut être préalablement convaincu qu'il était pélagien. C'était le cas du P. Garnier ; ce n’est pas le nôtre. Plusieurs passages du Livre d'Héraclide montrent clairement la fausseté de l'interprétation pélagienne. Ce sont ceux où il est dit que le péché d’Adam ἃ fait perdre à la nature humaine la ressemblance divine 23, Or nous avons déjà vu que cette ressemblance consistait essentiellement dans la conformité à la volonté de Dieu, c’est-à-dire dans l'amour de charité. La mort de l'âme n'était donc pas seulement pour Nestorius l'ignorance des choses divines; c'était aussi l'état de révolte et de désordre contrariant le plan divin.
L'ignorance, la perte de la ressemblance divine et la mort corporelle ne sont pas les seules conséquences du péché originel. 11 faut y joindre encore la sujétion au démon à, les souffrances et les peines de toutes sortes dont est pleine la vie d'ici-bas ἡ. Ce péché a aussi des suites pour la vie future : il interdit à ceux que n'a pas purifiés le bain salutaire et nécessaire du baptème l'accès du royaume des cieux et les prive de la résurrection glorieuse :
ὧν ἀμφοτέρων ἐργάτης ὁ διάθολος * ὃν χαταρράξας Χριστὸς, ἤγειρεν ἐξ ἀμφοτέρας τὴν φύσιν νεχρότητος, τὴν μὲν Ψυχὴν δόγμασι ζωοποιοῖς ἀνορθώσας, ἀναστάσει δὲ τὸ θνητὸν ἀναχτήσας. Homélie sur la première tentation, Nau, op. cit., p. 338-339. 1. Ad quae verba notandum est Nestorium, cum mortem animi abjectione scientiae definit, vitam animi non in charitate constituere, sed in scientia ; atque ita Christi gratiam, praeceptis vivificantibus, non diffusione charitatis, hoc est legeetilluminatione mentis, non gratia et inspiratione voluntatis circumscribere : sg omnia pura puta sunt Pelagianorum dogmata. Ρ. L., loc. cit., col. 1163.
. « Il a pris la forme du serviteur pour effacer la faute du premier homme et ἔδει la nature humaine la ressemblance divine que cette faute lui avait fait perdre. » Le Livre d’'Héraclide, p. 59.
3, Homélie sur la troisième tentation. Ibid., p. 353. 4. Voir en particulier le premier des discours antipélagiens sigualés L pi Mercator, Loors, p. 321-327.
de Lun hi D à ν΄ .-
Fr 7
ΒΕ ie ΡΨ ΨΥ
« Hoc beneficitum omnibus confert lavacri salutaris necessarium sacramentum. Qui enim ablutus est baptismo fit illius domesticus et concorporatus et familiaris, qui illud chirographum solvit, et cum ipso caelorum efficitur incola : {δὶ enim ego, inquit, illic et minister meus est (Joan. x11, 26). Manet autem debitor catechumenus, tanquam ejus qui evacuavit chirographum alienus..... Juri meo, o angeli, (ait diabolus) vim inferre conamini. Quid enim vobis cum catechumenis videtur esse commune? Non sunt renati ex aqua et Spiritu, ut perducantur a vobis ad regna cœlorum!. »
« Horum omnium in nullo nulli pars est catechumeno ; et quoniam appropinquat baptismi tempus, bonum est et hos breviter commonere, ut non se talibus privent muneribus, morte praeventi; quin immo ne quibus malis obligatus Adam est, ipsis et tantis etiam isti mergantur. Auferet enim secum unusquisque poenales sententias adversum naturam prolalas : non enim est particeps corporis ejus et sanguinis qui per baptismum has sententias solvit?, et figurarum socius non factus, verorum exemplariorum non replebitur perfruitione 3. » |
Le pape saint Célestin écrivait à Nestorius : «Legimus quam bene leneas originale peccatum#. » 1] n’y a rien à retrancher à cet éloge,
$ IT. — La justification et la grâce.
Tel auteur qui, contraint par l’évidence des textes, absout Nestorius de pélagianisme sur la doctrine du péché originel, maintient cependant l’accusation sur la question de la grâce.