‹ Nestorius et la controverse nestorienneChapitre 152 sur 197 · LA JUSTIFICATION ET LA GRACE · texte numérisé non relu

LA JUSTIFICATION ET LA GRACE

avait pensé de la grâce. Les Nestoriana recueillis par Loofs ne contiennent à peu près rien sur cesujet. Le Livre d'Héraclide lui-même ne nous livre que quelques phrases détachées, d’où il est impossible de tirer un aperçu complet. Le peu qui est dit suffit cependant à montrer que Nestorius n'était pas pélagien, ni même semi-pélagien. Parlant des anges qui sont restés fidèles à Dieu, il écrit :

« Dieu pouvait perdre (Satan) aussitôt, puisqu'il méritait d’être perdu ; mais les autres (les bons anges) n'auraient pas appris que la malice qui est puissante se détruit elle-même ; ils n'auraient pas appris d'une manière sûre qu'ils ont reçu la soumission comme une grâce, et que par suile de la soumission ils ont oblenu cette (autre) grâce de ne point se mettre en révolle contre Dieu, et par là de ne pas s'éloigner de Dieu eux aussi comme les autres!. »

Voici donc que les bons anges ont reçu de Dieu la grâce de lui être soumis, c’est-à-dire la première grâce, celle qui pour eux a été le point de départ de leur salut. Par cette première grâce, ils ont pu obtenir de persévérer dans l'amour de Dieu, de ne pas l’abandonner comme l'ont fait Satan et les siens. S'il est permis d'appliquer aux hommes ce qui est dit des anges, on pourra affirmer que Nestorius a attribué à la grâce divine, à une grâce vraiment intérieure s’adressant à la volonté libre, le commencement et la fin du salut.

Le secours divin, du reste, respecte la liberté. Les élus peuvent pécher et ils ont à lutter pour remporter la victoire ; personne ne sera couronné, s’il n’a légitimement combattu. Chacun doit imiter le Christ par sa conduite individuelle ?.

« Dieu a fait en sorte que Satan soit vaincu par de nombreuses myriades, dans notre nature, de la même manière que par le Christ. Ces victorieux, ce sont ceux qui observent exactement les commandements, qui se conduisent dans un corps mortel à peu près comme ceux qui n'ont pas de corps. Au milieu des difficultés, des angoisses et de toute sorte d’infirmités, ils résistent aux mouvements désordonnés de la nature ainsi qu'aux attaques venues du dehors. C’est

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