‹ Nestorius et la controverse nestorienneChapitre 2 sur 197 · G. LEFEBVRE, VIC. GEN · texte numérisé non relu

G. LEFEBVRE, VIC. GEN

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SANCTISSIMAE VIRGINI THEOTOCO OMNIUM HAERESEON DELETRICI CUJUS DIVINAM MATERNITATEM NESTORIUS NEGABAT DOMINAE FAMULUS MATRI FILIUS HUMILITER AC PERAMANTER

HOC OPUS DEDICO

Depuis qu’elle s'est manifestée au monde, la personne de Jésus-Christ a toujours été un objet de contradiction, etaucune prophétie ne s’est mieux réalisée que celle du saint vieillard du Temple : « Celui-ci est destiné à être un signe qui provoquera la contradiction !. » Durant sa vie publique, Jésus- Christ entendit ses contemporains émettre sur son compte les opinions les plus diverses. Les uns virenten lui le Messie promis à Israël et reconnurent, comme Pierre à Césarée de Philippe, sa filiation divine. D’autres n'aperçurent que le fils de Marie et de Joseph ; quelques-uns crurent à un nouveau prophète. Quant à Jésus lui-même, il donna raison aux premiers et scella de son rang le témoignage qu'il rendit devant le Sanhédrin à sa propre divinité.

Les contestations qui s'étaient produites autour de la personne du Christ pendant sa vie terrestre, devinrent encore plus vives après sa disparition de la scène de ce monde. Pendant que l'Église naissante, héritière de la foi de Pierre, adorait en lui le Dieu fait homme sans se préoccuper d'approfondir la mystérieuse union en sa personne du divin et de l'humain, les premiers hérétiques ou nièrent sa divinité et ne virent en lui qu'un homme ayant joui d’une particulière intimité avec Dieu, ou s’attaquèrent à son humanité, ou cormbattirent les deux à la fois en faisant de lui un être fantastique, un de ces éons enfantés par l'imagination féconde des rêveurs du gnosticisme. Au début du τν" siècle, l’Alexandrin Arius syncrétisa d’une manière assez originale la tendance adoptianiste ou rationaliste et la tendance gnostique. Il fit de Jésus-Christ, selon l'expression de Nesto-

1, Luc, II, 34, M. JUGIE. — NESTORIUS 1

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rius, « à la fois un demi-dieu et un demi-homme avec un corps sans âme et une divinité créée!. »

Dans la seconde moitié du 1v° siècle apparut Apollinaire

de Laodicée. Celui-là s’attira d’abord les éloges de l’Église pour sa lutte courageuse contre l’arianisme. Mais, trop confiant dans les lumières d’une raison impatiente de secouer le joug du mystère, il ne tarda pas à faire fausse route. Contrairement à ses devanciers, qui avaient étudié le Christ par rapport à Dieu, il souleva le premier le problème christologique proprement dit; il s’attacha à considérer Jésus-Christ en lui-même, dans la constitution intime de sa personne divino-humaine?. La divinité du Verbe fait chair, seconde personne de la Trinité, est pour lui un dogme hors de discussion. Étant Dieu, le Verbe est immuable: en s’incarnant, il a dû garder toutes ses propriétés ; il a dù rester Dieu parfait. Mais comment ce Dieu parfait a-t-il pu s’unir à une nature humaine parfaite, tout en ne constituant qu'un seul individu, une seule personne, un sujet unique ? Telle est ἊΝ pour l’évêque de Laodicée la question à résoudre. 4 Les trois termes: « Dieu parfait, homme parfait, personne Ἶ unique », lui parurent absolument inconciliables au point à de vue philosophique. L’expérience ne lui montrait-elle pas D que toute nature humaine complète est une personne! «Ce principe que «nature» et «personne » sont corrélatifs, ἢ Apollinaire le suppose admis par tous comme un axiome ‘4 indiscutable. » Aussi, pour sauvegarder la personne unique | du Christ, il n’hésita pas à sacrifier l'intégrité de la nature 1 humaine et l’'amputa des facultés supérieures de l'intelligence Le et de la liberté. D’après lui, le Verbe ne s’unit qu’à une chair à humaine, qui devint réellement sienne et à laquelle il tint lieu d'intelligence. Tout au plus put-on l’amener à reconnaître au Christ une âme inférieure et purement sensible, en lui opposant certains textes scripturaires dont il était difficile de récuser l'évidence #.

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