G. Voisin, Op. cil.. p
k. Ibid,. p. 285.
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La doctrine apollinariste souleva tant en Occident qu’en Orient de vives protestations, et les Pères vainqueurs de l'arianisme durent, au soir de leur vie, descendre dans l'arène pour combattre la nouvelle hérésie. Mais c'est surtout parmi les évêques du patriarcat d’Antioche qu'Apollinaire rencontra ses plus vigoureux adversaires. L'école d'Antioche se distinguait par ses tendances positives et quelque peu rationalistes. En philosophie, elle donnait ses préférences à Aristote ; en exégèse, elle s’attachait surtout au sens littéral des Écritures et dédaignait l’allégorisme des Alexandrins ; en théologie, elle cherchait à éliminer le plus possible le côté mystérieux des vérités révélées. Pour ce qui regarde le dogme chrislologique en particulier, les Antiochiens, tout en jetant l'anathème à Paul de Samosate?, continuaient à subir son influence. Ils dédoublaient le Christ en deux sujets, deux personnes : d'un côté, le Verbe, Dieu parfait, né du Père avant tous les siècles ; de l’autre, le fils de Marie, homme parfait comme nous. Le fils de Marie ἃ été uni au Fils de Dieu dès sa conception ; mais cette union est morale, non substantielle et laisse subsister les deux sujets individuels. C'est pourquoi elle a progressé avec les années, à mesure que l’homme Jésus ἃ triomphédes épreuves et des tentations, auxquelles il a été soumis comme les autres hommes, et à franchi les diverses étapes du perfectionnement moral. Le baptème au Jourdain a été une date décisive dans la vie du fils de Marie. A partir de ce moment, sa volonté a été affermie dans le bien et il a pu s'occuper de satisfaire pour les autres hommes?. Bien qu’analogue à l'union de Dieu avecles âmes justes, l’union du Verbe avec l’homme Jésus ἃ été de beaucoup plus étroite et plus intime, et l'on peut dire en un certain sens que Dieu et l’homme ne forment qu'une seule
1. Apollinaire tenait par plus d’un côté à l’école d’Antioche. Ilouvritlui-même dans cette ville une école d’exégèse et compta saint Jérôme parmi ses auditeurs. 11 y recruta dès le début de nombreux partisans bien que son système christologique s’opposât directement à la théorie antiochienne. Vorsix, ibid., p. 80 sq.
2. Angelus diaboli est Samosatenus Paulus, qui purum hominem dicere praesumpsit Dominum Jesum Christum et negavit existentiam divinitatis Unigeniti, quae est ante saecula, Theodori Mops. fragmenta dogmatica, édit. Swete, t. 1], P. 332.
3. Voir plus loin, p. τοῦ sq., le développement de cette doctrine par Nestorius.
personne, qu’un seul prosôpon, comme l'époux et l'épouse ne sont qu'une chair.
Telle est la théorie que l’école d’Antioche opposa au système d’Apollinaire. Elle heurtait de front le dogme catholique en détruisant l'unité réelle de la personne du Christ. Au lieu de repousser le principe philosophique qui avait servi de point de départ à l’évêque de Laodicée : «Toute nature complète est une personne », les Antiochiens l’acceptaient sans contestation et proclamaient l'existence dans le Christ de deux natures-personnes, δύο φύσεις, par opposition à l’unique nature-personne, μία φύσις, d'Apollinaire. Avec une rare sagacité, celui-ci mit à découvert l’hérésie de ses adversaires et dévoila le caractère factice de l’unique personne ou prosépon qui leur permettait de dissimuler le fond hétérodoxe de leur système 2, Maïs comme il était lui-même hérétique, les tenants de l’orthodoxie ne firent pas attention à ce qu'il y avait de fondé dans ses attaques contre les docteurs d’Antioche. Ces derniers continuèrent à mener campagne contre les Apollinaristes sans voir leur orthodoxie suspectée 3,