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et il crut tout d’abord l'avoir gagné à la saine doctrine ; mais il s’aperçut quelques jours après qu'il avait perdu sa peine. Le novateur essayait d’acculer les partisans du {héolocos à ce dilemme : « Ou il faut nier que la divinité du Fils unique se soit incarnée, ou il faut confesser que la divinité du Père et du Saint-Esprit s’est incarnée avec Dieu le Verbe!. » Un évêque de la suite de Nestorius déclara aussi à Acace qu'autre était le Fils qui avait souffert la passion, autre Dieu le Verbe? Quinze jours s'étaient passés depuis la Pentecôte, et Jean et les siens n'étaient pas encore là. Il leur avait été sans doute matériellement impossible d’être rendus pour le jour fixé, mais on commençait à soupçonner du calcul dans leur retard. Saint Cyrille avait reçu en effet, la veille ou le jour même de la Pentecôte, une lettre de Jean pleine decordialité #, qui annonçait son arrivée dans cinq ou six jours. On avait attendu plus du double et les Orientaux ne paraissaient point. Les évêques commençaient à s’impatienter. On disait tout haut que Jean ne voulait point venir au concile pour n'avoir pas à condamner son ami Nestorius, ancien clerc de l'Eglise d’Antioche. Certains lui supposaient d’autres intentions moins nobles et l’accusaient de vouloir semer la discorde*. Sur ces
1. Ibid. ᾿Ανάγχην ἐπετίθει τοῖς ἀποχρινομέ ἔγοις ἢ πάντη ἀρνήσασθαι τὴν τοῦ μονογενοῦς θεότητα ἐνηνθρωπηχέναι, Ἶ ὁμολογεῖν, ὅπερ Ὧν ἀσεόδές, ὅτιπερ χαὶ ἣ τοῦ πατρὸς [χαὶ ἡ τοῦ υἱοῦ] χαὶ ἣ τοῦ πνεύματος θεότης συνεσαρχώθη τῷ Θεῷ Δόγωῳ.
2. [δϊά., col. 1184: χαὶ ἄλλον μὲν ἔφη εἶναι τὸν υἱὸν τὸ πάθος δεξάμενον, ἄλλον ὲ τὸν Θεὸν Λόγον.
3. C’est ce qui résulte d’une lettre de Cyrille aux clercs de Constantinople, Ρ. G., t. LXVII, col. 133 C. Voir, col. 132, la lettre de Jean. Cyrille déclare qu'il a attendu seize jours, après avoir appris que Jean arrivait : ᾿ἘἘπειδὴ δὲ ἀχηχόαμεν ἔρχεσθαι τὸν εὐλαβέστατον χαὶ θεοφιλέστατον τῆς ᾿Αντιοχέων ἐπίσχοπον Ἰωάννην, περιεμείναμεν ἡμέρας ἑχχαίδεχα, καίτοι πάσης τῆς συνόδου βοώσης χαὶ λεγούσης, ὅτι ἐχεῖνος οὐ βούλεται συνεδρεῦσαι " Ô£ δοιχε γὰρ μὴ ἄρα χαθαίρεσιν ὑπομείνη ὃ τιμιώτατος Νεστόριος, ληφθεὶς EX τῆς ὑπ᾽ αὐτὸν ἐχχλησίας, χαὶ ἴσως τὸ πρᾶγμα αἰσχύνεται. Jean avait dit dans sa lettre: Eÿyov οὖν, δέσποτα, χαὶ ταύτας: τὰς πέντε ἢ ἐξ μόνας (ἡμέρας) ἀλύπως ἡμᾶς ὁδεῦσαι. La conduite du patriarche d’Antioche ἃ l’égard de saint Cyrille nous paraît un peu louche. On a l'impression qu'il a tout mis en œuvre pour pousser l’évêque d’Alexandrie à ouvrir le concile avant son arrivée. Il s’était mis du reste dans une position fausse en accusant et en faisant accuser d’hérésie Cyrille, dont Rome avait hautement approuvé la doctrine.
4. Trop cordiale, semble-t-il, pour exprimer des sentiments sincères, après la campagne qu’il avait fait mener contre les anathématismes.
5. Dans leur rapport envoyé aux empereurs après la cinquième session, les Pères du concile disent que Jean d'Antioche s’est joint aux Nestoriens ἢ διὰ φιλονειχίαν ; ἢ διὰ τὴν πρὸς ἀνθρώπους φιλίαν. Mansi, IV, col. 1325 D.
Ps
entrefaites, deux de ses suffragants, Alexandre d'Apamée et Alexandre de Hiérapolis, arrivèrent à Ephèse et déclarèrent « non pas une fois, mais à plusieurs reprises que Jean leur avait ordonné de dire de ne pas différer plus longtemps à cause de lui l'ouverture du concile ; au cas où il lui faudrait ajourner encore son arrivée, on devait faire pour le mieux, »
Ce message confirma les Pères dans l’idée que le patriarche d'Antioche ne voulait pas assister au procès de Nestorius. Aussi, dès le dimanche 21 juin, saint Cyrille et ses partisans décidèrent-ils l'ouverture du concile pour le lendemain. C’est en vain que soixante-huit évêques d'Asie, parmi lesquels Théodoret de Cyr, Alexandre d’Apamée et Alexandre de Hiérapolis, écrivirent à Cyrille età Juvénal pour leur demander d'attendre l’arrivée de Jean?, en vain que le comte Candidien, représentant de l’empereur, protesta qu'on allait contre les instructions impériales en commençant le concile sans la
τ, Ce fait est de la plus grande importance pour l'appréciation de la conduite de Cyrille. Il est rapporté par les Pères du concile, d’abord dans la relation aux empereurs, après la première session : ἐδήλωσεν ἡμῖν ἔχεσθαι τῆς ὑποθέσεως, Maxsi, ibid., col. 1237 B; puis dans le rapport expédié au pape Célestin, après la cinquième session : ἔφασαν οὐχ ἅπαξ ἀλλὰ πλειστάχις, ὅτι ἐνετείλατο ἡμῖν ἀπαγγεῖλαι τῇ θευσεβεία ἡμῶν ὥστε εἰ γένοιτο αὐτὸν χαὶ ἔτι βραδῦνα un ὑπερθέσθαι τὴν σύνοδον, ποιεῖσθαι δὲ μᾶλλον ἃ δεῖ, Maxst, IV, col. 1332. Saint Cyrille en parle aussi dans sa lettre aux clercs de Constantinople : προλαθόν τες: γάρ τινες τῶν σὺν αὐτῷ εὐλαβεστάτων ἐπισχόπων Ex τῆς ᾿Ανατολῆς ἔφησαν - ᾿Ενετείλατο ἡμῖν ὁ κύριος Ἰωάννης ὁ ἐπίσκοπος εἰπεῖν τῇ θεοσεβείχ ὑμῶν, ὅτι - Ἐχν βραδύνω, πράττετε ὃ πράττετε. Ρ. G., t. LXXVII, col. 133 D. Et Cyrille ajoute, col. 136 C D : « Si Jean voulait assister au concile pourquoi nous a-t-il fait dire par ses suffragants : « Si je tarde, faites ce que vous avez à faire? » Comme je l’ai déjà dit, il ne voulait pas être présent, sachant bien que le saint concile allait voter la déposition de Nestorius, à cause de son impiélé et de ses blas. phèmes contre le Christ notre Sauveur, » Ceux qui accusent saint Cyrille d’avoir précipité l'ouverture du concile ne font sans doute pas assez d'attention aux messages des deux Alexandre, qui, d'ailleurs, allaient compter parmi les partisans les plus chauds de Nestorius. On voit leurs noms figurer parmi les soixante-huit protestataires du 21 juin et au bas de la lettre que Nestorius écri. vit à l'empereur Théodose pour réclamer contre sa déposition. Loors, p. 190, Le principal grief que Nestorius élève contre saint Cyrille est d’avoir ouvert le concile avant l’arrivée des Orientaux, Le Livre d’Héraclide, p. 98-119. Mais 1] ne souffle mot sur le message des deux Alexandre. Les Orientaux se taisent aussi sur cette affaire. Cesilence nous paraît significatif. On ne comprend pas non plus comment Jean d’Antioche, après avoir écrit qu'il serait à Ephèse cinq ou six jours après la Pentecôte, c'est-à-dire le 16 oule 13 juin, ne soit arrivé que le 27.
2. Mawsr, t. V, col. 765. La protestation de ces évêques est aussi donnée par Nestorius dansle Livre d’Héraclide, p. 98-99. Cette lettre, polie dans la forme, est menaçante dans le fond. On voulait intimider « l'Egyptien ».
M. JUGIE. — NESTORIUS ᾷ.
présence de tous les évêques convoqués. Saint Cyrille et les siens trouvèrent qu'on avait attendu assez longtemps. Le concile s’ouvrit donc, le lundi 22 juin, dans la cathédrale d’Ephèse, placée sous le vocable de la Mèrede Dieu. Candidien se rendit à la salle des séances pour renouveler ses protestations. Des officiers qu’il avait envoyés dans les environs d’Ephèse lui avaient appris que Jean et les siens n'étaient pas loin!. Il demanda qu'on retardât de quatre jours ; mais sa proposition fut repoussée. En même temps les évêques assemblés réussirent à lui faire lire la lettre del’empereur qui déterminait son rôle de protecteur du concile. Cette lecture n'aurait dû être faite qu’en présence de tous les évêques réunis ?, mais Candidien se laissa persuader par les Pères, qui lui dirent : « Comment voulez-vous que nous obéissions aux volontés de l’empereur, si nous ignorons ce qu'il ordonne ? »
La lettre impériale disait que Candidien n’avait pas à se mêler à la discussion des questions ecclésiastiques et dogmatiques. Quand les évêques l’eurent entendue, Candidien les invita de nouveau à se dissoudre, mais ses paroles soulevèrent d’énergiques protestations. Un membre de l'assemblée le pria poliment de seretirer, conformément aux instructions impériales, car on allait commencer les délibérations sur les questions de foi.
On commença en effet sous la présidence de Cyrille, qui tenait, disent les Actes, la place de l'archevêque de Rome à. L'assemblée ne compta d’abord que cent soixante membres ; mais à la fin de la session, quand il fut question de souscrire la déposition de Nestorius, il y eut cent quatre-vingt-dix-
1. Τοῦτο γὰρ αὐτῷ οἱ ἀποσταλέντες ὑπ᾽ αὐτοῦ (Candidien) ἐδήλωσαν mayroTpravot Nestorii epist. VII ad imperat. Theodosium. Loors, p. 187. Candidien demandait qu’on attendit quatre jours. Jean n'aurait pas encore été là. Les officiers trouvèrent Jean et les siens à peu près à la distance où ils devaient être quinze jours auparavant, d’après la lettre même de Jean. Cf. le Livre d’Héraclide, p. 100.
2. Contestatio Candidiani ad synodum. Maxst, V, col. 970-771. Le Livre d’Héraclide, p. 103-105. Nestorius déclare que Candidien avait peur des évêques et n’osait employer la force contre eux, p. 105.
3. Les légats du pape n’étaient pas encore arrivés. Cyrille était toujours représentant du pape, depuis que Célestin l’avait délégué pour l'affaire de Nestorius. Cyrille du moins se considérait comme tel, son mandat n’ayant pas été explicitement révoqué. Les instructions données par le pape à ses légats supposent que la mission de l’évêque d’Alexandrie durait toujours.
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huit signatures. On fit à Nestorius les trois sommations canoniques pour l’inviter à comparaître. À la première, qui lui avait été faite dès la veille, 21 juin, il avait répondu : « Je viendrai, si je le juge à propos. » Une seconde députation lui fut envoyée par le concile, mais ne put pénétrer jusqu’à lui, parce que sa maison était gardée par les troupes aux ordres de Candidien, qui en défendaient l'entrée. Après avoir attendu quelque temps, les délégués durent se retirer. Le tribun Florentius leur avait signifié que Neslorius ne paraîtrait que lorsque tous les évêques seraient assemblés. Une troisième députation ne put obtenir aucune réponse et fut molestée par les soldats de la garde.
Sur la proposition de Juvénal de Jérusalem, on commença alors l'examen de la question dogmatique. Après la lecture du symbole de Nicée, on entendit la seconde lettre de Cyrille à Nestorius, que tous les Pères déclarèrent conforme au symbole. Cent vingt-six motivèrent même leur vote par de petits discours, qui nous sont parvenus ?. On lut ensuite la réponse de Nestorius à Cyrille et on la déclara contraire au symbole de Nicée. Puis les évèques s’écrièrent d’une voix unanime :
Que celui qui n anathématise pas Nestorius soit lui-même anathème ; car il est anathématisé par la vraie foi et par le saint concile. Que celui qui est en communion avec Nestorius soit anathème. Nous tous, nous anathématisons la lettre et la doctrine de Nestorius. Nous tous, nous anathématisons l'hérétique Nestorius et ses partisans, ainsi que sa foi impie etsa doctrineégalementimpie. Nous tous,nousanathématisons l'impie Nestorius. Tout l'univers anathématise l’impie doctrine de Nestorius. »
Deux autres documents furent lus à l'assemblée : la lettre du pape Célestin à Nestorius, lui notifiant la sentence du concile romain, et la lettre synodale du concile d'Alexandrie, qui se termine par les anathématismes ἡ. À ces lettres, que