‹ Nestorius et la controverse nestorienneChapitre 34 sur 197 · Ibid., col · texte numérisé non relu

Ibid., col

4. Les anathématismes furent donc lus au concile en même temps que la lettre dont ils font partie ; mais on ne voit pas qu’ils aient reçu une approbation spéciale, comme c’est le cas pour la seconde lettre de Cyrille à Nestorius,

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quatre envoyés de Cyrille avaient remises à Nestorius, celuici n'avait pas répondu. Acace de Mélitène et Théodote d’Ancyre firent ensuite connaître les propos qu'avait tenus l’hérésiarque depuis son arrivée à Ephèse, et qui prouvaient qu'il persistait dans son erreur.

Sur la proposition de Flavien, évêque de Philippes, on lut ensuite une série de passages patristiques touchant l'union des deux natures en Jésus-Christ. Pierre d'Alexandrie, Athanase, les papes Jules I” et Félix [Ὁ !, Théophile d’Alexandrie, saint Cyprien, saint Ambroise, saint Grégoire de Nazianze, saint Basile, saint Grégoire de Nysse, Atticus de Constantinople, Amphiloque d'Iconium vinrent successivement déposer contre l’hérésie de Nestorius. Pour que celleci apparût évidente à tous, on donna lecture de vingt extraits des écrits du novateur. Il ne restait plus qu’à prononcer la sentence de déposition et d’excommunication. Elle fut libellée en ces termes :

« Comme l’impie Nestorius n’a pas obéi à notre citation, et comme il n’a pas reçu les saints évêques que nous lui avons envoyés, nous avons dû instituer une enquête sur ses doctrines impies. Nous l’avons pris en flagrant délit d'enseigner des doctrines blasphématoires tant par ses lettres que par ses autres écrits et par les propos quil a tenus dernièrement dans cette métropole et qui nous ont été certifiés. Aussi, pressés par les canons et par les lettres de notre très saint Père et collègue Célestin, évêque de l'Église romaine, nous avons dû, avec larmes, en venir à cette triste sentence : Le Seigneur Jésus, qu'il a blasphémé, décide par ce saint concile que Nestorius est privé de la dignité épiscopale et de la communion sacerdotale ?. »

1. Les textes des papes Jules Ier et Félix Ier sont apocryphes et d'origine apollinariste, Ils furent cités de bonne foi par les Pères. Ils ne présentent d’ailleurs rien d’hétérodoxe sensu obvio.

2. Mawsi,lV,col. 1211.0n remarquera que dans cette sentence les Pères d’'Ephèse prennent pour base de leur jugement les erreurs qu'ils ont découvertes dans les écrits et les paroles de Nestorius. Leur intention n’a pas été de se prononcer directement sur les sentiments intimes de l’hérésiarque. Ils l'ont jugé simplement d’après ses écrits. Or, comme on pourra s’en convaincre par ce qui sera dit plus loin, les formules nestoriennes éveillaient naturellement une pensée hérétique. Le Dr Fendt, qui manifeste à Nestorius beaucoup de sympa-

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Commencée le matin, la séance s'était prolongée jusqu’à la nuit. Il faut reconnaître qu'on était allé vite en besogne. Le peuple d’Ephèse, très dévot à Marie, accueillit avec enthousiasme la condamnation de l'adversaire du {héolocos. La ville illumina et les évèques furent conduits à leurs demeures avec des flambeaux et des cassolettes d’encens f.

Le lendemain, 23 juin, le concile notifia à Nestorius, au peuple d'Ephèse et au clergé de Constantinople la sentence qu'il avait portée ?. Le comte Candidien manifesta son mécontentement en déclarant nul tout ce qui avait été fait et en envoyant à l’empereur un rapport hostile au concile et à ses chefs. De son côté, Nestorius écrivit aux empereurs pour se plaindre ; dix évêques de ses amis signèrent la lettre 3. Les membres du concile envoyèrent aussi leur relation à la cour avec les Actes de la première session ἡ. Ils eurent soin de rappeler que leur sentence ne faisait que reproduire celle que le pape Célestin avait déjà portée.

C'est le 26 ou le 27 juin que Jean d’Antioche arriva enfin à Ephèse avec plusieurs évêques. La députation que lui envoya aussitôt le concile fut très mal accueillie et eut à souffrir les mauvais traitements de la garde aux ordres du comte Irénée, ami de Nestorius. Candidien se montrait, de son côté, de plus en plus hostile aux Pères, tandis qu'il entourait Jean d’Antioche de ses prévenances. Celui-ci réunit aussitôt dans sa maison un conciliabule comprenant quarante-trois évêques, qui déposa Cyrille et Memnon et excommunia tous leurs partisans, comme coupables d’hérésie arienne et apollinariste ὅ. Sur Nestorius on gardait le silence. Candidien avait honoré l'assemblée de sa présence et avait même motivé la sentence par son récit des événements antérieurs. Le conciliabule envoya plusieurs lettres à la cour,

thie, reconnait que les formules et les thèses nestoriennes pouvaient devenir mortelles pour le christianisme tout entier et étouffer, le cas échéant, la totalité des principes orthodoxes, Die Christologie des Nestorius, p. 110.

1. Cyrilli epist. XXVI ad clerum popul. alexand. ». &.,t. LXX VII, col. 137.

2, Maxsi, ibid., col. 1227, 1443.

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