AT. CR
fils, soit après le baptème, soit après la résurrection d'entre les morts, qu'il soit anathème ; car ce qui ἃ un commencement, ce qui est soumis au progrès et au perfectionnement ne saurait être Dieu, bien qu'on emploie de semblables expressions (en parlant du Christ) à cause de la croissance progressive (de son corps). »
Saint Grégoire dit anathème à quiconque n’admet pas que Jésus-Christ a toujours été véritablement Dieu, car on ne commence pas à être Dieu à un moment donné; on ne le devient pas peu à peu par des progrès dans la perfection ; ce qui devient, ce qui progresse, ce qui se perfectionne ne saurait être Dieu. Que fait Nestorius? Il détache du contexte la phrase: « Τὸ ἠργμένον, ἢ προχόπτον, ἢ τελειούμιενον, οὐ θεός» ; il transforme le neutre en masculin et applique le tout à la personne humaine née de Marie, qui n’est pas Dieu par elle-même mais seulement par son union avec le Verbe :
«Que dis-tu, ὃ Grégoire le divin?... Que sais-tu de celui qui est du Saint-Esprit et de la Vierge Marie, qui a commencé, a progressé, s’est perfectionné, je ne dis pas en prosôpon mais en essence ὃ... Écoutez Grégoire criant que celui qui a été pris est homme : (Car celui qui commence, grandit et se perfectionne n'est pas Dieu, bien qu'il soit dit ainsi, à cause de sa manifestalion, qui eut lieu peu à peu !.»
Il est permis de douter que de pareils contresens aient été commis avec une conviction bien arrêtée. À côté des deux passages de Grégoire le Théologien, qu’il reproduit dans le Livre d'Héraclide, Nestorius lisait cet autre dans les Actes d'Ephèse, qu'il avait entre les mains: «Quiconque n’admet pas que Marie est θεοτόχος est étranger à la divinité?.» Comment pouvait-il croire, dès lors, que l’évêque de Nazianze füt de son côté? La même question se pose pour les passages de saint Athanase cités par le concile. [ls sont tellement clairs et condamnent si expressément le dualisme hypostatique qu'on se demande vraiment comment l'hérésiarque ἃ pu s’en prévaloir. Quoi qu'il en soit, cette exégèse des textes
1, Le Livre d’Héraclide, p. 177, 179.
2. EU τις οὐ θεοτόχον Μαρίαν ἀπολαμθάνει ἐχτός ἐστι τῆς θεότητος, Maxst, t. IV, col. 1192.