CHAPITRE IV
Plusieurs fois déjà dans les pages qui précèdent, nous avons eu l'occasion d'affirmer que Nestorius n'était pas l'inventeur du système christologique auquel il a donné son nom. Le vrai père du nestorianisme fut Théodore de Mopsueste. Il ne sera pas inutile, après avoir exposé la doctrine du condamné d'Éphèse, de la confronter avec celle de l’évêque de Mopsueste pour constater leur identité foncière et noter les nuances qui les distinguent. Cette comparaison s'impose d'autant plus que plusieurs des apologistes actuels de Nestorius cherchent à séparer sa cause de celle de Théodore, dont l'enseignement hétérodoxe est unanimement reconnu. M. Harnack, par exemple, qui, nous l’avons vu !, se demande si Nestorius a été nestorien ne fait pas difficulté d’avouer que les Antiochiens, dont Théodore est le plus illustre représentant, ont admis deux personnes dans le Christ :
«La formule de la diversité des natures et de l’unité de la personne se trouve, dit-il, chez Théodore. Mais l'unité de la personne est celle du nom, du sentiment, de l'honneur et de l’adoration. Chaque nature dans le Christ est en même temps une personne: voilà la difficulté spéciale de la christologie antiochienne. L'union ne réalise au fond aucune unité de la personne ; elle est purement nominale. Les Antiochiens voyaient deux personnes dans le Christ, l’une divine et l’autre humaine (δύο ὑποστάσεις — πρύσωπα). Si malgré cela ils parlent d'une seule, il s’agit en réalité d’une troisième, ou plus justement: ce n’est que dans la συνάφειχ, et finalement, ce n’estque dans la relation des croyants regardant Jésus-Christ que celui-ci se présente comme n’élant qu’un 2.»
τε Pia.